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Mes colocs ? De vrais enfants

Question de discipline

Evidemment, lorsque l’on sort du giron, voire du carcan, d’un style de vie qui a été notre quotidien pendant à près deux décennies, la tentation de s’en démarquer peut se faire sentir relativement rapidement. Qu’on ait lancé le projet d’une colocation, qu’on s’y intègre tardivement, que l’on côtoie de longue date les autres occupants ou qu’on en fasse la connaissance lors de l’emménagement, tous ces éléments influent beaucoup les rapports entretenus et l’organisation du ménage polycéphale dont on fait partie. Rapidement, les premières différences se constitueront entre les colocs qui prennent les choses en main et leurs commensaux, ceux qui se laissent prendre en main.

Degrés d’expérience

Quoique l’âge soit souvent un facteur important dans le recrutement d’un nouveau colocataire, l’écart peut parfois être relativement important, ce qui n’implique pas que les plus jeunes soient les moins responsables ! Comme beaucoup le remarquent à l’occasion, dans un environnement où la hiérarchie est mise au rancart, l’initiative prise même fortuitement conditionne rapidement une habitude : quel dommage que ce soit toi qui ait remarqué en premier cette vilaine tache sur le carrelage ! Te voilà désormais spécialiste ès récurage !
Les mécanismes de ce type, dont on pense tous être les victimes, sont favorisés par l’inertie et le manque de concertation entre colocs, provoquant parfois quelques clashs. Au sein de la coloc, le premier souci de chacun est en général de ne pas empiéter sur la liberté des autres, ce qui peut se révéler inhibant quand il s’agit de demander un service.

Nounou par choix ?

Pour autant, ce peut être gratifiant, dans une certaine mesure, de prendre en charge ses colocs, pourvu qu’ils le sachent et le reconnaissent. Si l’on possède un don inné pour l’organisation et la mise en place de plannings, la plupart seront ravis de le savoir et de bénéficier d’une aide avisée. En somme, si devenir la « maman » ou le « papa » de ses colocs peut se résumer à penser pour eux aux mille petites contingences dont on pensait s’affranchir en quittant le nid, cela ne doit pas revenir à se mettre à leur service !
Comme dans toute association, la vie en commun se nourrit d’une communication et d’échanges pour rester saine. Avec l’accord de toutes ses parties, il se révélera d’ailleurs que bien décider, c’est d’abord bien déléguer.