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Il faut plus d'un smic pour étudier à Paris

Sans surprise, pour les jeunes, c'est dans la capitale qu'il est le plus coûteux de vivre, selon l'étude annuelle de l'Unef. A l'inverse, Poitiers est la municipalité la plus abordable.

1 193 euros : c’est le montant dont il faudrait disposer chaque mois, selon le syndicat étudiant Unef, pour étudier à Paris. C’est plus que le salaire minimum mensuel net, qui s’établit à 1 149 euros ! A l’opposé, la ville de Poitiers (Vienne) est la plus favorable aux petits budgets des étudiants, puisqu’il faut y débourser en moyenne 714 euros mensuels pour y vivre. Comme chaque année, l’organisation étudiante a calculé le coût de la vie pour les étudiants, en agrégeant les budgets alimentaires, de logement, de transports, de loisirs, les frais d’inscription à l’université et la sécurité sociale. Et, sans surprise, il est en hausse : 2,09 % pour la rentrée 2017 (soit près de trois fois le niveau de l’inflation, précise l’Unef). L’an dernier, les étudiants (et leurs familles) avaient déjà dû débourser en moyenne 1,23 % de plus qu’à la rentrée précédente. «La rentrée concentrant les principales dépenses, cette hausse aggrave la précarité vécue tout au long de l’année par les étudiants et contraint toujours plus de jeunes à se salarier à côté de leurs études, mettant ainsi en danger leur réussite universitaire», commente l’Unef dans un communiqué.

Les deux postes de dépense qui augmentent massivement sont le logement et les transports. A part à Lille (Nord), où l’encadrement des loyers a permis, selon l’organisation, de les faire baisser de 0,33 %, les loyers augmentent presque partout, et constituent souvent 50 % du budget d’un étudiant. A Limoges (Haute-Vienne), les loyers ont augmenté pour les étudiants cette année de 7,6 % ! Quant aux transports, les politiques des villes et des régions sur la tarification conduisent à de fortes inégalités territoriales : 100 euros pour une carte de transport annuelle à Toulouse, plus de 300 euros pour l’année à Tours (Indre-et-Loire) ou Paris. L’organisation note également que les villes qui pratiquent des tarifs différenciés pour les boursiers sont rares.

Pour faire face à toutes ces dépenses, l’Unef demande notamment la mise en place d’un «plan d’urgence» de réforme des aides, pour que davantage d’étudiants puissent bénéficier d’une bourse. Lesquelles devraient être augmentées, toujours selon l’organisation étudiante, de 20 %.

(source Libération)

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