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Les études, jeux d’échec?

C’est pas juste…

Oui oui, on la connaît la chanson: Victor Hugo n’a été élu à l’Académie française qu’après trois tentatives infructueuses, Auguste Rodin a dû répéter trois fois le concours d’entrée à l’école des Beaux-Arts sur l’épreuve de la sculpture, Walt Disney a été renvoyé d’un éditeur de journaux parce qu’il n’avait pas d’idées suffisamment créatives, Thomas Edison a échoué plusieurs fois avant de trouver la bonne combinaison de matériaux pour l’obtention de l’ampoule électrique! Une des citations les plus célèbres de ce dernier est d’ailleurs: «Je n’ai pas échoué, j’ai trouvé 10 000 façons qui ne fonctionnent pas. Je ne me décourage pas car chaque tentative échouée est un pas en avant vers la réussite». Alors oui, on veut bien en prendre de la graine, parce qu’ils ont quand même réussi et  qu’ils ne se sont pas rabattus à leur échec; mais tout de même, lorsqu’on se retrouve face à lui, on en prend toujours un coup et on en a surtout marre d’entendre la maman dire: «Tu veux passer ta vie à faire caissière ou à pousser des chariots?» Voici quelques conseils pour se sentir moins nul.

Damer le pion

Qui a dit que tu devais réussir du premier coup? L’échec n’existe pas en soi. Souviens-toi de ta bravoure lorsque tu étais enfant: tu as dû tomber plusieurs fois avant de savoir marcher. On ne te demandait pas de faire le moonwalk de Michael Jackson mais de te relever. Alors un peu de nerfs, inutile de rester sur un échec, tu dois savoir rebondir: changer de voie, redoubler, partir en séjour linguistique. Une vie après un échec, c’est possible! Si tu broies du noir, le site de l’EPFL te propose même une série de documents et de bilans à compléter personnellement et qui pourraient t’aider à faire le deuil (… un peu boute-en-train, mais bon, on dira.. méthode pédagogique!)

Le plus important est d’identifier ce qui n’allait pas et donc de l’éviter à ta prochaine tentative. Une expérience qui te permettra de faire mieux!  L’échec n’est jamais le résultat d’une seule cause, mais le cumul de plusieurs. Inutile de te sentir le seul et unique coupable, des facteurs internes… et externes sont responsables. La volonté n’est donc pas l’unique ressort de cette situation.

échec et Maths…

Et oui, chaque année des dizaines de milliers de jeunes sont laissés sur le bord de la route après avoir passé quelques mois ou même quelques années à l’université. Selon l’Office Fédéral des Statistiques (OFS), le degré de difficulté des études joue un rôle important. Certaines filières techniques et chimiques ont la réputation d’être des études plus contraignantes et les chiffres le confirment, c’est trivial. Les règlements et complexités imposées aux examens sont également des facteurs importants. On admire encore plus les matheux pour leur belle philosophie de la vie: «En essayant continuellement, on finit par réussir. Donc plus ça rate, plus on a de chances que ça marche.»

BAC +… rien

On constate un phénomène massif d’abandon en première année d’études supérieures. Selon l’OFS presque la moitié des personnes interrogées répondent par le même motif: «la distance par rapport aux études en tant que désintérêt ou attentes insatisfaites.» Autrement dit, les étudiants se retrouvent souvent déçus de leur choix, des aspirations qui ne correspondent alors pas à la réalité des cours. L’éternelle question: «mais à quoi ça me sert d’étudier ça?» frappe à la porte, bouscule les idées et retire les échelons que l’on pensait avoir gravis: retour à la case départ. Si tu es dans ce cas, ton abandon des études doit davantage être considéré comme un nouvel horizon que comme un échec. La première année fait souvent office d’orientation ou de réorientation.

Mauvaise foi?

Non! Tu peux le crier sur les toits, ton échec est aussi dû à certaines causes indéniables auxquelles tu ne pouvais échapper! Ça fait du bien à la conscience et surtout à notre amour propre. Revendique alors les causes biologiques (on ne naît pas tous égaux face à l’intelligence) et les causes culturelles (fatalité sociologique! Il paraît que les enfants issus des classes supérieures ont plus de chances de réussir). Sans oublier les causes psychoaffectives (oui, oui, c’est dur de vivre dans cette société de consommation froide et dénuée de sens) et les problèmes de concentration! Et surtout mets la faute à ce prof totalement ennuyeux et à son examen trop dur, car on le sait tous, être à l’université c’est aussi combattre la sélection.

Le métier d’étudiant

En réalité, il est surtout question de stratégie d’apprentissage. Chacun peut avoir une vision ou une perception différente d’un problème. Le perfectionniste, l’intellectuel, le rebelle, le dynamique, l’aimable, l’émotionnel ou l’enthousiaste n’auront pas la même manière de réagir. Le tout est de savoir se gérer et s’organiser, car aujourd’hui proactivité rime avec vie estudiantine. En effet, petits jobs, cours, activités extrascolaires, Facebook (partenaire officiel de ton échec), vie sociale font la journée d’un étudiant qui doit alors s’organiser pour ne pas être dépassé par les évènements: savoir moins bachoter pour travailler dans le conceptuel! La pression due au nombre joue également un rôle important dans cette course effrénée. La concurrence ne laisse aucun répit et n’a aucune pitié pour les néo-étudiants jetés directement dans l’arène.

Mise en échec

Trêve de bavardage et de manière un peu plus sérieuse, plusieurs études prouvent que les taux de réussite et d’abandon dépendent entre autre de la sélection imposée par le système de formation et de la forme que cette sélection prend lors de l’accès aux diverses institutions. D’autres facteurs, tels que l’état du marché du travail, les situations sociales des étudiants, l’organisation des bourses d’études, le lieu de scolarisation,… ont réellement de véritables conséquences sur l’égalité des chances au sein d’un système de formation. La difficulté n’est plus d’accéder à l’enseignement, mais d’y rester.