OIT

l'emploi des jeunes, pilier de la mondialisation, par l'organisation internationale du travail

En 2015, 660 millions de jeunes travailleront ou chercheront un emploi, soit 7,5% de plus qu'en 2003. La mondialisation et l'évolution technologique rapide offrent de nouvelles possibilités de travail productif et de revenu, mais dans le cas de nombreux jeunes en âge raisonnable de travailler, ces tendances ne font qu'aggraver la vulnérabilité inhérente au passage de l'enfance à l'âge adulte.

Dans l'ensemble, des niveaux d'instruction élevés réduisent non seulement le risque de chômage mais augmentent également les chances d'obtenir un emploi à plein temps avec un contrat de longue durée. Du fait de l'augmentation du nombre de jeunes qui font des études, surtout au niveau le plus élevé, les diplômés se livrent une concurrence féroce pour des emplois qui requièrent une formation universitaire ou technique poussée. De ce fait, dans bien des pays, ils sont obligés d'accepter des emplois d'un niveau inférieur à leur qualification. En effet, lorsque l'offre de travailleurs qualifiés croît plus vite que le nombre d'emplois correspondants, un important taux de sous-emploi (désignant ici la situation de ceux qui occupent des emplois d'un niveau inférieur à ceux dans lesquels ils pourraient faire un meilleur usage de leurs compétences) est inévitable.

Aujourd'hui, les jeunes risquent trois fois plus que les adultes d'être sans emploi. Ce ratio élevé résulte en partie du ralentissement économique mondial de 2001-2002, qui a provoqué une hausse plus rapide du chômage des jeunes que de celui des adultes. En période de crise, les jeunes sont plus vulnérables que les cohortes plus âgées et ce pour deux raisons. Premièrement, dès les premiers signes de récession, les entreprises cessent d'embaucher. Deuxièmement, si la crise se prolonge, les entreprises doivent généralement réduire leurs effectifs et, pour ce faire, beaucoup adoptent la méthode du «dernier entré, premier sorti».

Dans les économies industrialisées, où la population jeune devrait diminuer, l'évolution démographique pourrait entraîner un recul du chômage des jeunes. Mais cela ne se fera pas automatiquement. Seules des mesures coordonnées permettront aux jeunes de surmonter leur désavantage relatif face aux travailleurs plus âgés et plus expérimentés.

Bien sûr, les jeunes manquent d'expérience mais, d'un autre côté, ils sont parfois plus motivés et apportent des idées nouvelles et un regard nouveau. Sur le plan économique, faire abstraction d'un tel potentiel équivaut à du gaspillage. Diviser par deux le taux de chômage mondial des jeunes, ce qui le rapprocherait de celui des adultes tout en maintenant un écart naturel, ferait augmenter le PIB mondial de 7% par rapport à sa valeur de 2003.

Lutter contre le chômage des jeunes: une action globale
Néanmoins, le chômage n'est que l'un des problèmes liés à la situation de l'emploi des jeunes, l'autre ayant trait aux conditions de travail de ceux qui ont un emploi. Tant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement, les jeunes risquent davantage d'être employés par intermittence (travail temporaire, à temps partiel, occasionnel), sans garanties et souvent dans l'économie informelle où la protection sociale est restreinte. L'expérience internationale montre que les initiatives en faveur de l'emploi des jeunes rencontrent un plus grand succès quand elles combinent plusieurs mesures, notamment l'éducation, la formation, les services de l'emploi, l'acquisition d'expérience professionnelle et le développement de l'esprit d'entreprise. C'est quand elles sont conçues et mises en oeuvre avec les partenaires sociaux que ces initiatives fonctionnent le mieux C'est pendant les années de formation – l'enfance, l'adolescence et la jeunesse – que se développent les aspects qui détermineront plus tard les réussites ou les échecs de la vie. Il est fondamental de porter la plus grande attention aux problèmes auxquels se heurtent les jeunes dans le monde du travail et de leur apporter des solutions qui favorisent l'épanouissement et l'insertion dans des emplois décents et productifs. Telle est la difficile tâche à laquelle doivent s'atteler les gouvernements, les partenaires sociaux, la société civile, les institutions des Nations Unies et les institutions de Bretton Woods. L'OIT a un rôle particulier à jouer dans la promotion des politiques et des initiatives prises en matière d'emploi des jeunes. Sa nature tripartite et ses alliances mondiales lui confèrent l'envergure nécessaire pour catalyser le soutien et l'action pour l'emploi des jeunes*. Jeunes ou vieux, les travailleurs qui ont un emploi décent contribuent à la stabilité de la société et, en ce sens, sont les piliers sur lesquels repose l'avenir de l'humanité et de la mondialisation.

L'Organisation Internationale du Travail

L'OIT a pour but que chaque femme et chaque homme puissent accéder à un travail décent et productif dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité.

Créée en 1919 par le Traité de Versailles, elle a survécu à la disparition de la Société des Nations et elle est devenue en 1946 la première institution spécialisée du système des Nations Unies.

L'OIT a une structure tripartite, unique dans le système des Nations Unies, en vertu de laquelle sa politique et ses programmes sont arrêtés par les représentants des employeurs et des travailleurs (les partenaires sociaux) sur un pied d'égalité avec ceux des gouvernements.

L'OIT a quatre grands objectifs stratégiques:

  • Promouvoir et faire appliquer les normes du travail, ainsi que les principes et droits fondamentaux au travail.
  • Accroître les possibilités pour les femmes et les hommes d'obtenir un emploi décent.
  • Etendre le bénéfice et l'efficacité de la protection sociale pour tous.
  • Renforcer le tripartisme et le dialogue social. L'OIT est l'organisme mondial chargé d'élaborer et de surveiller desnormes de travail internationales. Travaillant avec ses 178 Etats membres, l'OIT cherche à garantir le respect des normes de travail en droit et dans la pratique.

 

En quelque chiffres

  • 85% des jeunes âgés de 15 à 24 ans (environ 1 milliard) vivent dans des pays en développement.
  • le taux d'activité des jeunes a chuté de 59,3 à 54,4% entre 1994 et 2004, essentiellement parce que les jeunes étudient plus longtemps. En 2004, le taux d'activité des jeunes femmes (45,7%) était toujours bien inférieur à celui des jeunes hommes (62,8%).
  • dans le monde, le nombre de jeunes sans emploi est passé de 70,8 millions en 1994 à 85,7 millions en 2004, représentant ainsi 45% du chômage total.
  • les jeunes représentaient environ 20% des quelque 535 millions de travailleurs pauvres recensés en 2004. Quelque 106 millions de jeunes travaillaient mais vivaient dans des ménages qui gagnaient moins de l'équivalent d'un dollar par jour.
  • en 2004, dans l'Union européenne, le tiers des jeunes travaillait dans le cadre d'un contrat temporaire, contre 11% des adultes.