National

par damien cottier, responsable de projet

La transition entre les études et la vie active est une période délicate de la vie. Il importe de bien s'y préparer et de mettre tous les atouts de son côté. La souplesse du système économique suisse favorise une insertion rapide des jeunes en emploi, surtout s'ils sont mobiles et bien formés. Avoir acquis des compétences pratiques en cours d'études est un avantage majeur.

Une société responsable doit favoriser une insertion rapide et réussie des jeunes diplômés dans le monde du travail. Pour autant, la transition ne peut pas se faire d'un jour à l'autre et une période d'adaptation est normale. Elle correspond au temps qu'il faut pour qu'un jeune diplômé trouve une place en adéquation avec son profil et ses goûts. Ce phénomène rehausse le taux de chômage des jeunes qui, sans cela s'approcherait du taux moyen.

La Suisse connaît un succès certain en matière d'insertion des jeunes. La situation helvétique n'a rien de comparable avec celle de nos voisins qui connaissent des taux de chômage des jeunes dramatiquement élevés: plus de 20% pour les moins de 25 ans en France ou en Italie, alors que ce taux est de moins de 5% en Suisse.

La Suisse a raison de vouloir préserver un marché du travail flexible, car l'expérience montre clairement que les pays qui figent le moins la protection des employés sont aussi ceux qui connaissent les plus faibles taux de chômage.

Ceci a une importance toute particulière, puisqu'une reprise de la conjoncture se traduit par une forte baisse du chômage des jeunes. Ce phénomène est nettement favorisé par la flexibilité de l'emploi en Suisse. Dans d'autres pays, le taux de chômage des jeunes est non seulement plus élevé, mais pratiquement incompressible. Il prend alors une inquiétante dimension structurelle qu'il n'a pas en Suisse.

Par ailleurs, il est très important de souligner que la durée de recherche d'emploi est relativement brève pour les jeunes: 210 jours en moyenne pour les 20-29 ans ayant une formation tertiaire. C'est bien plus court que pour

les plus de 55 ans (508 jours) et même que la durée moyenne (301 jours) des personnes disposant d'une formation tertiaire.

Stages, réseaux, mobilité
Quels sont les principaux obstacles que rencontrent les jeunes diplômés? La principale raison évoquée par les employeurs pour refuser la candidature d'un jeune est son manque d'expérience. L'employeur est moins à même de juger de la qualité d'un dossier qui ne peut pas s'appuyer sur des expériences concrètes et sur la recommandation d'anciens employeurs. Engager un jeune constitue par ailleurs un investissement supplémentaire pour l'employeur, qui devra offrir une formation initiale et inculquer les méthodes de travail à son nouveau salarié. Les jeunes diplômés peuvent toutefois surmonter cette difficulté en acquérant des compétences professionnelles en cours d'étude ou à la fin de celles-ci. Une activité à temps partiel, des jobs temporaires, des stages, un travail de diplôme effectué en entreprise, … voilà qui facilitera considérablement leur entrée dans le monde du travail.

Un autre obstacle important est l'absence d'un bon réseau de relations. Une personne active depuis longtemps dans une branche dispose bien évidemment d'une bonne longueur d'avance. Mais là aussi il est possible de surmonter l'obstacle en favorisant toutes les occasions qui permettent de construire un réseau de connaissances et de démontrer ses compétences, notamment par des stages en entreprise.

La mobilité est également un critère important. Plus les candidats sont mobiles, plus leurs chances de trouver un emploi sont élevées. Les jeunes des cantons de Fribourg, du Jura et du Valais s'avèrent plus mobiles que ceux de l'Arc lémanique (Genève et Vaud), ce qui influence favorablement leurs chances de trouver rapidement un emploi.

Enfin, un niveau de formation élevé, de bonnes connaissances linguistiques et des compétences sociales avérées sont d'autres éléments importants pour favoriser son entrée dans le monde du travail.

Ne pas rester auprès d'un tronc d'arbre...
De nombreuses initiatives privées ou publiques visent à faciliter cette transition: sites d'informations, guides, revues, agences de placement et de conseils, centres de conseil et de placement dans les écoles, stages ou expériences en entreprise reconnus au cours de la formation, journées de recrutement, etc. Par ailleurs, les cantons mettent en place de nombreux programmes de placement et d'emplois temporaires qui ont bénéficié à plus de 10'000 jeunes entre 20 et 29 ans en 2003.

Dans l'ensemble, la Suisse réunit de bonnes conditions pour favoriser une

transition réussie entre la formation et le monde du travail. Il n'est pas nécessaire de développer de nouveaux instruments, mais il faut utiliser efficacement ceux qui existent. Il ne sert à rien de rester auprès d'un tronc d'arbre et d'attendre qu'un lièvre vienne s'y cogner, dit la sagesse chinoise.

Il appartient aux étudiants de s'impliquer suffisamment tôt pour mettre tous les atouts de leur côté afin que leur formation, leur expérience et leur parcours leur permettent de faciliter, autant que possible, la transition entre études et monde du travail.

economiesuisse

Fédération faîtière des entreprises de Suisse, economiesuisse s'engage auprès du monde politique, de l'administration, des médias et du public en général pour développer les meilleures conditions-cadre afin de favoriser la croissance et l'emploi.