Adrien Vion, 19 ans, Droit

Ecrivain réaliste

Le déclic pour l'écriture, cet étudiant en Droit, l'a eu à l'occasion d'une histoire d'amour: «Vers 12 ou 13 ans, j'ai été amoureux pendant plusieurs mois mais ce n'était pas réciproque, alors j'ai eu envie d'écrire une histoire pour compenser ce que je n'avais pas pu vivre.».

Depuis, Adrien ressent un plaisir immense à partager ses petites histoires et ses idées. Ses talents d'écriture ont été repérés en 2006, à l'occasion d'un concours d'auteurs organisé par les éditions Librisme. La nouvelle publiée s'intitule «Syndrome 106» et raconte l'histoire de cinq jeunes Français qui vivent une expérience tragique et fatale sur une route au petit matin. Un thème par lequel il se sent « obsédé et fasciné ». Pour sa deuxième nouvelle «Malsexe», Adrien s'inspire d'un fait divers, très médiatisé il y a deux ans: «l'histoire d'une ado de 14 ans qui rencontre un cinquantenaire par Internet et fait une fugue pour aller vivre chez lui.» Il réécrit alors une version possible de la réalité vécue par les deux personnages, « en sortant l'histoire de son cadre légal et surtout moral.»

Son style, on peut le qualifier «avant tout de réaliste», car il aime trouver les détails qui font «vrai». Cependant, Adrien ressent le besoin de transmettre un message: «Je me méfie des idéaux intellectuels ou moraux omniprésents, y compris de ce que la plupart des gens trouvent «bien» sans vraiment se poser de questions. Je crois profondément que rien n'est objectivement bon ou mauvais, ou bien vrai ou faux: tout est une question de point de vue et de circonstances. Dès lors, on peut se permettre de porter tous les jugements de valeur infondés que l'on veut, l'essentiel étant de ne jamais être trop persuadé de ce qu'on dit ou de ce qu'on fait.»

A côté de ses études, Adrien exprime également sa créativité au travers de la musique électronique qu'il s'amuse à mixer ou à composer chez lui. A lui tout seul, il casse les préjugés trop simplistes qu'on oserait parfois exprimer sur ces deux passions. «Je ne corresponds pas vraiment au profil type du fêtard (bien que je sorte souvent), ni d'ailleurs à celui du rat de bibliothèque. J'aime juste faire ce que je fais. » Et quand on lui demande ce qui le différencie d'un autre étudiant, il confie: «peut-être tout simplement mon sens personnel de la morale».