Des poissons utilisent le langage des signes

Pour mieux appâter l’ennemi

Lors de ses parties de chasse, le mérou indique à ses complices l’emplacement des proies qui lui sont inaccessibles. C’est la première fois qu’un tel comportement est observé dans le règne aquatique. La découverte a été mise à jour par Redouan Bshary, professeur d’éco-éthologie à l’Université de Neuchâtel en collaboration avec une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge.

À l’assaut

Trop imposant pour parvenir à atteindre certaines cavités des rochers coralliens, le mérou a besoin d’aide pour attraper sa nourriture. Lorsqu’il chasse, il s’entoure donc de poissons plus agiles comme le labre, la murène et la pieuvre. Dès qu’il repère un repas potentiel, le mérou se fige, tête en bas, à la verticale de la cachette, signe d’un butin prometteur. Les complices du poisson sont alors capables de comprendre son comportement même s’ils ne parviennent pas à le reproduire. «L’existence de posture ou de gestes indicateurs dans le monde animal n’a été jusqu’à ce jour identifiée que chez les corbeaux et certains grands singes», souligne Redouan Bshary sur le site internet de l’université. Le scientifique a mené ses recherches dans les récifs coralliens d’Egypte et d’Australie. Son analyse montre que les poissons sont capables de communiquer et de coopérer entre espèces différentes. Sa découverte a été publiée dans la prestigieuse revue «Nature Communications».

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