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Université : 7 conseils pour réussir votre première année de licence

Découverte des cours magistraux, prise de notes intensive, autonomie et grande liberté dans l'emploi du temps... La première année à l'université apporte son lot de nouveautés. Et de défis à relever ! Les conseils de Mireille Houart, docteur en sciences et assistante au service pédagogie universitaire de Namur, en Belgique, pour réussir haut la main cette étape décisive.

  1. Ne faites pas l'impasse sur les cours magistraux : Premier changement de taille lorsque vous arrivez à l'université: le cours magistral. Une découverte parfois déstabilisante pour les étudiants qui peuvent avoir l'impression de perdre leur temps ou le sentiment d'être perdus au milieu de la mêlée dans l'amphi. Vient alors la sempiternelle question : faut-il assister à l'ensemble des cours, même ceux où l'on pique du nez ? "Dans la majorité des cas, oui !", répond Mireille Houart, docteur en sciences et assistante au service pédagogie universitaire de Namur, en Belgique. "Ces cours sont importants car ils permettent de mieux cerner la matière, de comprendre certaines choses. Le professeur va insister sur un point, hausser le ton à un moment… On peut voir ce qui est important pour lui, quelles sont ses exigences", détaille-t-elle. "Assister à ces cours permet aussi tout simplement de se socialiser. D'appartenir à ce nouveau monde, l’université", ajoute l'auteur du guide "Réussir sa première année d'études supérieures" (éditions De Boeck Supérieur, 2017). En revanche, si le professeur ne fait que lire son cours, Mireille Houart concède qu'un étudiant peut tout aussi choisir d’étudier chez lui à partir des livres de référence. À vous de vous poser les bonnes questions avant de trancher. Le professeur donne-t-il une structure à son cours ? Fournit-il un plan ? Des exemples, des explications supplémentaires qui ne se trouvent pas dans le polycopié ? Par son enthousiasme, suscite-t-il votre intérêt pour la matière qu’il enseigne?
  2. Soyez un étudiant stratégique ! : Selon Mireille Houart, un étudiant qui réussit sa première année est un étudiant stratégique. "Les études en sciences de l’éducation ont montré qu’il y a trois sortes d’élèves. Ceux qui étudient en surface et qui réussissent peu, ceux qui étudient activement mais qui ne réussissent pas tous, et ceux qui étudient de manière stratégique et qui réussissent beaucoup. Il s’agit des étudiants qui combinent travail en profondeur et stratégie", liste l'auteure. Ces élèves vont s’intéresser de près aux attentes des professeurs dès le début de l’année et notamment à la manière dont ils interrogent : s’agit-il de restitution de cours pure et dure ? De questions axées sur la compréhension ? De problématiques centrées sur le cours ou sur les exercices ? Pour le savoir, pas de secret : il faut mener l’enquête! Assistez au cours, interrogez d'anciens étudiants, pensez à récupérer des anciens questionnaires… Et adaptez votre méthode de révisions en conséquence!
  3. Prenez des notes efficaces : Qui dit cours magistral dit aussi prise de notes! "C’est important de conserver une trace de la formation pour se créer des supports de révisions, mais ce n’est pas évident, admet Mireille Houart. Le professeur parle vite et il faut savoir suivre. C’est d’autant plus dur que l’on ne connaît pas encore la matière, qu’il y a du vocabulaire qui nous est inconnu…" Ne vous laissez pas déstabiliser pour autant ! "Il ne faut pas se désespérer si l'on est pas au top dans un premier temps. L’essentiel est d’assister activement au cours : prendre des notes les plus correctes possibles et comprendre ce que le professeur explique. Si ce n’est pas le cas, il ne faut pas hésiter à compléter ses notes le plus rapidement possible en demandant au professeur à l’intercours ou à d’autres étudiants", conseille l'auteure. Pour être efficace, celle-ci suggère notamment d'abuser des abréviations, de numéroter ses feuilles, d'aérer les paragraphes et de n'écrire que sur les rectos. "Le verso peut servir pour compléter par la suite, rajouter des définitions, apporter des corrections…"
  4. Réalisez des supports de cours : Un impératif : remettre en forme ses notes après le cours. "Il ne faut pas être passif ! Se contenter de lire, de recopier ou de surligner l’entièreté de ses notes ne servira à rien. Il faut les structurer !", recommande Mireille Houart. Vous pouvez transformer un texte en schéma, réaliser un tableau qui permette de voir des points communs, des transversalités… Bref, transformer vos notes en "supports de cours". Ce document unique, réalisé pour chaque cours magistral, rassemble l’ensemble de vos notes mais aussi des éléments tirés des livres de référence, des polycopiés… "Il faut que ce document soit compact. Pour 500 pages de cours, comptez en 50", précise l'auteure. À chacun son support! "Il faut que ce soit compatible avec sa manière d’étudier. Le mieux est de tester avec un premier chapitre et de voir si l’on arrive à le mémoriser", souligne Mireille Houart. Faut-il utiliser un ordinateur? "Tout dépend des préférences de l’étudiant. Mais, certains cours comportent trop de schémas ou de graphiques pour être retranscrits exclusivement sur ordinateur", observe la docteur en sciences.
  5. Apprenez à gérer votre temps libre : La gestion du temps libre est, selon Mireille Houart, "la difficulté majeure" à laquelle est confronté l'étudiant à son arrivée à l'université. Surtout que cela coïncide avec l'apprentissage d'une certaine indépendance. "Les sollicitations sont énormes : les fêtes, les sorties… Cette liberté est aussi synonyme de contraintes : les étudiants doivent faire des courses, tenir leur studio….", énumère l'auteur. Pour gérer au mieux ce nouveau temps libre, Mireille Houart propose de faire un planning hebdomadaire, heure par heure, de toutes ces activités. "L’idée est d’y indiquer tous ses cours, ses déplacements, ses repas, ses activités extérieures allant du rendez-vous chez le dentiste, aux sorties en passant par le yoga." Dans les plages libres, vous devez inscrire vos différents temps de révisions : la réalisation des supports de cours, les entraînements via des exercices, le temps de mémorisation du cours… "Il s'agit d'être précis : lundi, je révise les chapitres 1 à 3, par exemple. Et de préciser à côté le temps que l'on estime consacrer à chaque tâche." Chronométrez-vous! Cela vous permettra d'évaluer puis d'ajuster au mieux votre temps de révisions pour chacune de ces tâches.
  6. Gardez le cap toute l’année ! : Rester motivé jusqu’à la fin de l’année : plus facile à dire qu’à faire ! Pour Mireille Houart, tout est là encore affaire de stratégie, pour se mettre au travail mais aussi maintenir l’effort. La première chose à faire : se raccrocher à l’objectif ultime. Se rappeler que si l’on travaille si dur c’est pour devenir médecin par exemple. La deuxième chose est de s’accorder des récompenses une fois qu’on a terminé une période intense de travail. La troisième : identifier ses faiblesses ! Commencez par inscrire les cinq dernières tentations qui vous ont empêché de vous mettre au travail puis déterminez des moyens de lever ces obstacles. Pour vous aider, vous pouvez par exemple penser à une situation où vous avez été confronté à une vraie tentation, alors que vous étiez en train de réaliser une tâche scolaire, mais pour laquelle vous êtes parvenu à résister. L’auteur suggère d'autres astuces pour le moins originales ! Vous pouvez poser un miroir devant votre bureau pour vous voir en train de ne pas travailler, demander à un proche de vous imposer des tâches rebutantes si vous n’étudiez pas, utiliser un logiciel qui vous empêche d’aller sur certains sites pour éviter d’être distrait ou encore vous lancer un défi (réaliser X exercices en une heure…). À vous de choisir votre méthode pourvu qu’elle soit efficace ! 
  7. Misez sur l’entraide entre étudiants Pour affronter les partiels, pas de méthode miracle. "Si l'étudiant a suivi son planning, il ne devrait pas avoir de surprise. En revanche, quand on n'a pas travaillé pendant l'année, il faut prendre du temps pour faire ses supports de révisions. C'est tout ce temps que l'étudiant n'a pas pour mémoriser et s’entraîner", relève Mireille Houart. L'auteure suggère de miser sur "la collaboration" avec d'autres étudiants. "Il ne faut pas hésiter à se créer un groupe de révisions, s'entraider, s'organiser des séquences de questions-réponses le temps d'une soirée…", énumère-t-elle. Elle conseille aussi de se garder un jour de libre dans la semaine sur son planning. "C'est une sécurité au cas où l'on sous-estime son temps de révisions. Soit l'étudiant n'est pas au point et il consacre cette journée à rattraper son retard. Soit il est à jour et peut en profiter pour se détendre. Et là, bingo !" Bingo, votre année déjà dans la poche?

(source l'Etudiant)

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