Formation

Le temps partiel à la cote après les études

Plus de la moitié des diplômés d'une haute école spécialisée (54%) et un tiers (32%) des titulaires d'une maîtrise universitaire travaillent à temps partiel. Ceci pour avoir du temps à consacrer à leurs intérêts personnels. C'est ce qui ressort d'une enquête menée en 2018 par l'Office fédéral de la statistique et dont 20 Minuten se fait vendredi l'écho. Un chiffre en augmentation par rapport à l'an dernier.

Selon l'étude, les diplômés des universités sont 29% à opter pour le travail à temps partiel, contre 27% dans les hautes écoles spécialisées. Et dans les hautes écoles pédagogiques, ils sont même la moitié à privilégier ce mode de vie. Enfin, c'est surtout dans le domaine des sciences humaines et sociales que l'on trouve le plus de personnes à temps partiel.

Salaires en hausse

Pourquoi ce phénomène? Selon Marco Salvi, qui conduit des recherches au think tank Avenir Suisse, il s'agit avant tout d'une question financière avec des salaires qui ont augmenté. Par rapport à avant, les universitaires et surtout les enseignants peuvent gagner leur vie en se contentant de travailler à 80%, voire 60%, indique-t-il au journal.

En outre, les mentalités ont aussi changé. De nombreux jeunes professionnels n'ont plus pour objectif de maximiser leurs revenus en travaillant. Leur but est d'être heureux, souligne-t-il. Autre constat: les postes à temps plein se font également rares dans certains secteurs et de nombreux diplômés sont encore en train de terminer un doctorat ou une formation supérieure.

Meilleur travail

Gaspillage de temps et de l'argent des contribuables, se demande 20 Minuten? Pas forcément selon Marco Salvi. «Le gaspillage dû à la baisse du temps de travail chez les nouveaux diplômés est bien moins dramatique que celui dû à la retraite anticipée des travailleurs encore aptes à travailler», estime-t-il.

Le conseiller national Mauro Tuena (UDC/ZH) n'a également rien contre cette tendance. Pour lui, certains employés à temps partiel travaillent mieux que leurs collègues à 100% parce qu'ils sont plus reposés. Mais il met en garde: il faut veiller à ce que le temps libre ne prenne pas le dessus sur le travail. Et surtout, il faut que ceux qui réduisent leur temps de travail ne deviennent pas une charge pour l'Etat. «Avoir un petit temps partiel et réclamer un appartement subventionné ne doit pas être possible», conclut-il.

(Source : Le Matin)

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