Premier aperçu d’un an d’échange à Montréal

Premier sujet : libre. Ah... Mais comment commencer alors ?
Je pense que je vais essayer de brosser un portrait assez général de ce que j’expérimente ici et de la vie universitaire montréalaise pour cette introduction, et que je me lancerai dans des récits plus originaux par la suite !

Ce qui a déterminé mon choix

Comme tu l’as compris, je suis partie vivre un an à Montréal, pour y terminer mon baccalauréat en géographie (enfin, si tout va bien !). Pourquoi le Québec ? (On m’a bien mise en garde : « On est au Québec ici, ça n’a rien à voir avec le Canada », selon certains. D’accord, je vais jouer le jeu... Parlons donc du Québec !). Pourquoi le Québec disais-je ? Pour ses paysages, ses grands espaces peu habités, ses forêts, ses lacs. Enfin, tout ce qu’il y a de plus typique dans l’image du Québec (mis à part les bûcherons et leurs vestes à carreaux). Mais il y a aussi les Québécois et leur presque légendaire sympathie, dont on ne peut douter dès le moment où on les entend parler « québécois » ! Il y a peut-être aussi l’effet « Amérique du Nord », parce que même si la langue ne nous dépayse pas totalement, le style de vie diffère considérablement du notre... et c’est tout ça que je suis venue chercher ici !

Et pourquoi Montréal alors ? Oh, c’était plus une décision au hasard qu’un choix franc. Je m’explique, Québec me plaisait, tout comme Rimouski, mais on m’a beaucoup vanté les qualités de Montréal, sa diversité et son originalité par rapport aux autres villes québécoises. C’est aussi la grande ville, ça bouge, c’est bilingue, c’est multiculturel, etc. Je ne connaissais aucune de ces villes, je n’étais jamais venue ici avant, alors ça s’est fait un peu comme ça ! Et j’ai été surprise par Montréal... en bien ! Je ne pensais d’abord pas que la ville était « si » bilingue. Je pensais que le français prenait largement le dessus, mais il ne le fait pas tant que ça au final. Les habitants de ces deux côtés de la ville se mélangent, certes, mais se distinguent tout de même et on retrouve tout dans chaque langue (universités, emplois, écoles, magasins, loisirs). On peut vivre à Montréal en ne connaissant qu’une seule de ces deux langues. Ce qui me plaît aussi est que, malgré que Montréal soit une grande ville, les bâtiments ne sont pas très hauts (excepté le « centre-ville », le quartier des affaires) et je n’ai pas l’impression d’étouffer ! On retrouve majoritairement des petits immeubles de trois étages, ce qui me donne l’impression d’une ville à dimensions humaines.

Montréal est une ville faite pour les jeunes (enfin, pas seulement, mais les jeunes y trouvent bien leur place) ! On est beaucoup ici ! Il y a des choses à faire tous les jours, autant de jour que de nuit d’ailleurs. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a quatre universités dans la ville (deux francophones, deux anglophones), donc forcément, ça fait pas mal d’étudiants ! Parlons-en d’ailleurs de l’université... Il ne faut pas que j’oublie que c’est la raison pour laquelle je suis en échange !

Et l’université, de quoi ça a l’air ?

Le système est bien différent de celui que je connaissais à Lausanne. Tout d’abord, les élèves et les professeurs sont plus proches ici. On le remarque lorsqu’en classe les élèves les appellent par leur prénom et les tutoient. Ça fait un peu bizarre au début, mais on s’y fait vite (enfin... on s’y fait !). Rien que cela rend les cours différents. Il y a aussi beaucoup plus d’interactions, les étudiants interrompent le cours à tout bout de champ pour des questions ou simplement des commentaires. Là aussi ça me faisait tout drôle les premiers temps, mais je me suis rendu compte qu’automatiquement tout le monde était plus impliqué dans le cours. Si les professeurs ont autant la parole que les étudiants dans un cours, plusieurs points de vue se confrontent et chacun a donc son mot à dire. Et là aussi, on se prend vite au jeu. Mais les étudiants sont très impliqués dans leurs études en général. Dès qu’il y a un problème dans la faculté, comme c’est le cas actuellement, tout le monde s’implique pour le résoudre ou pour faire changer les choses. Ce ne sont pas que les membres de l’association des étudiants qui participent au débat, mais tous les étudiants concernés.

De plus, tout le monde veut avoir des cours, les étudiants râlent quand ils sont annulés (je me suis dit : « Tiens, j’avais encore jamais vu ça ! »), et essaient de trouver des séances de rattrapage hors des heures de cours. C’est vraiment une des choses qui m’a le plus surprise ici, mais qui me plaît aussi le plus. Ici, ou plutôt « en géo à l’UQÀM » (parce que je n’ai vécu que cette expérience), on y est pour travailler et pour apprendre le maximum de choses. Quand on va réviser dans les locaux de géographie le samedi et le dimanche, les salles sont bien remplies, de même que la cafétéria à minuit en semaine... Wouahou ! Quand on voit tout ça les premières semaines, on se dit qu’il va falloir changer notre mode de travail pour mieux se fondre dans la masse et espérer réussir son année !

Fini les mois de nonchalance où on va au cours presque par habitude, où on s’assied, on écoute, on prend des notes et on repart ! J’exagère un peu, mais il est vrai que lorsque les examens n’arrivent que trois ou quatre mois après le début de la session, on a tendance à bouder la bibliothèque les premières semaines. Ici, il n’y a pas de session d’examens à la fin du semestre. On a deux examens par branche, un à mi-session, un à la fin. On au aussi un travail de session (un dossier qui se fait sur tout le semestre) dans chaque cours, en plus de travaux pratiques et de textes/résumés/essais à rendre tout au long de l’année. Au début, quand on n’a pas l’habitude, on est un peu surpris quand on voit le plan de cours ! C’est en tout cas l’avis général qui ressort des autres étudiants en échange avec qui j’étudie. Mais là aussi, on s’y fait et on est bien parti en échange pour voir autre chose ; ça tombe bien !

Je disais que l’interaction entre professeurs et élèves était forte, et on le voit encore pour les examens. En effet, le premier cours de la session est réservé à la présentation du cours à venir et à « l’entente d’évaluation ». Visage étonné des petits nouveaux. La méthode consiste en une proposition du professeur quant à la nature des travaux qui seront notés ainsi qu’à leur pondération dans la note finale. Ah bon ?! Et c’est assez sympa ! « Moi je mettrais moins de poids à l’examen intra », « Ah non, tu vas bien plus travailler pour cela que pour la présentation du colloque », « ben pour la présentation, oui, mais pas pour le rapport, donc je pense que l’examen intra doit avoir plus de poids », « oui, mais n’oublions pas le travail de session, on va être dessus tout le semestre, alors qu’on ne va travailler que quelques heures pour les examens, donc faut lui donner plus de pourcentage », « ah oui », et ainsi de suite (et le tout avec l’accent québécois...!). Chacun peut donner son avis, puis la classe tranche pour une des propositions et signe l’entente avec le professeur.

Dans la plupart des cours, des travaux se font en groupe. Alors non, ce n’est pas facile de trouver des rendez-vous et de travailler à plusieurs, mais oui, c’est génial pour les étudiants en échange parce que cela nous permet de faire réellement connaissance avec les autres, tout en avançant dans nos études!

Un autre aspect, qui n’est pas forcément typique du Québec, mais qui a été un changement pour moi par rapport à Lausanne, est la manière dont sont disposées les salles. Je ne parle que de la géographie, qui est d’ailleurs une petite faculté, donc je ne sais pas si ça se passe partout comme cela... En tout cas, en géographie à l’UQÀM, tout est concentré sur un étage, dans un bâtiment. Au milieu, on a les salles de cours, et tout autour, on a l’administration et les bureaux des professeurs et assistants. De plus, on a une grande salle de travail (ou disons de discussion !) qui réunit les étudiants de toutes les volées. L’avantage que je vois à cette disposition est la proximité de tout le monde. On voit souvent les professeurs, qui peuvent aussi nous trouver facilement (!), on peut échanger sur de nombreuses choses et les professeurs qui nous entendent parler viennent aussi parfois s'immiscer dans les conversations. Chose que je n’avais encore pas connu jusqu’alors à l’université et qui me plaît particulièrement.

J'espère que ce petit apperçu t'aura permis de te faire une petite idée de l'expérience qu'on peut vivre en étant en programme d'échange et que j'aurai bientôt l'occasion de t'en raconter plus!