Leah: Il importe de croire en soi

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Rencontre avec Leah, fraîchement entrée dans le monde professionnel

Jeune diplômée de l'Ecole hôtelière de Lausanne, Leah travaille depuis quelques mois à la réception de l'hôtel Michelberger à Berlin. Pour students-careers.ch, elle décortique ses premiers pas dans la vie active, de la conquête du marché du travail aux prémices de l'indépendance financière.


Leah, comment as-tu vécu cette transition?
J'ai été diplômée en janvier 2009. A ce moment-là, on parlait beaucoup de la crise et des difficultés à trouver un emploi. J'ai alors pris le temps de faire un bilan personnel pour évaluer les compétences acquises durant ma formation et au cours de mes diverses expériences professionnelles. Cette étape a été déterminante dans la mesure où elle m'a permis de résumer mon savoir-faire et de rédiger un CV cohérent.

Ensuite, j'ai postulé pour différentes offres d'emplois dans les domaines de l'hôtellerie et de la restauration. Certains postes m'attiraient bien entendu plus que d'autres, mais je me suis dit qu'il valait mieux multiplier les opportunités d'entretiens pour me préparer en vue des échéances qui m'intéressaient réellement. En procédant ainsi, on emmagasine de l'expérience, on apprend à se vendre, et tout devient beaucoup plus naturel

Un processus bien fastidieux...
Les délais d'attente sont souvent très longs, surtout lorsqu'il s'agit de candidatures spontanées. Il faut sans cesse relancer les interlocuteurs pour qu'ils ne nous oublient pas. Dans certains cas, il m'est arrivé d'avoir deux à trois entretiens pour être certaine que je correspondais vraiment à ce qu'on attendait de moi.

Enfin, j'ai répondu à cette annonce pour ce nouvel hôtel qui ouvrait à Berlin et là je me suis dit « Bingo ». La destination me plaisait beaucoup et le poste me semblait intéressant. J'ai commencé à y travailler trois mois après l'obtention de mon diplôme.

Comment appréhendes-tu cette «nouvelle vie»?
Au cours de mes études, je faisais pas mal de petits boulots pour me payer mes sorties. Je recevais également un peu d'argent de poche de mes parents et ils me payaient entièrement mon loyer. Au bout du compte, j'avais l'impression de ne pas être du tout autonome. Aujourd'hui, je suis totalement indépendante financièrement. Je me souviens encore le plaisir éprouvé lorsque j'ai reçu mon premier salaire et que j'ai payé mon loyer. J'avais l'impression d'être totalement libre!

As-tu toutefois rencontré des difficultés?
Je crois sincèrement que le plus difficile lorsqu'on commence à travailler, c'est le changement de rythme. Pendant les études, on dispose de beaucoup de vacances et donc de temps pour se reposer. Lors de ma première année, je n'ai bénéficié que d'une seule semaine de congé. Quand on y pense, c'est assez peu. Je me souviens aussi que lors des trois premiers mois j'étais véritablement épuisée en fin de journée. J'allais toujours me coucher vers vingt-deux heures et je dormais beaucoup. Mais peu à peu on se fait à ce rythme. Aujourd'hui, lorsque je rentre du travail, je parviens à déconnecter et trouve l'énergie de me consacrer à différentes activités.

Comment as-tu surmonté ces nouvelles exigences?
J'ai essayé d'adopter un bon rythme, de ne pas me coucher trop tard. C'est déjà un bon début. Alterner entre lecture et films, ça peut aider à se détendre. Il est aussi essentiel de prendre des poses durant la journée. Beaucoup d'entreprise ne planifie même pas de pause pour le repas de midi. Pour ma part, je me suis forcée à en prendre une au moins pendant trente minutes. C'est indispensable si on veut se déconnecter et faire du bon boulot par la suite. Enfin, je pratique du sport au moins une fois par semaine. Aller courir ou nager m'aide à évacuer le surplus de stress. Ça peut paraître assez banal, mais pour moi ça a vraiment bien marché.

Un petit conseil à l'attention des jeunes diplômés?
Il importe de croire en soi. J'ai réussi à obtenir un bon poste en Allemagne avec des notions d'allemand assez limitées, et ce parce que j'ai bien su me vendre et démontrer ma motivation. Au début, il faut surtout comprendre ce que l'on attend de nous. Cela facilite beaucoup l'intégration dans l'entreprise.