Cap sur la vie professionnelle...

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Dans les pas de deux jeunes diplômées


Le semestre universitaire est déjà bien entamé. Pour les étudiants en fin de cursus, il est peut-être le dernier. Se pose alors la question de l'entrée dans la vie active. Comment aborder au mieux le virage études/monde professionnel? Pour y répondre, suivons les premiers pas sur le marché du travail de Giuditta et de Mireille, jeunes diplômées.

Son diplôme de pédagogie curative en poche, Giuditta a tout d'abord travaillé dans l'enseignement spécialisé avant d'intégrer L'Arche, un foyer pour personnes adultes vivant avec un déficit intellectuel ou des problèmes psychiques. Actuellement, elle cumule les casquettes professionnelles. Outre son engagement à l'Arche, elle travaille pour Pro Infirmis et assure des remplacements à la structure scolaire pour enfants vivant avec un handicap des Buissonnets Fribourg.

Une entrée sans faux pas

Son intégration dans le monde du travail s'est faite sans embûche. Il faut dire que les besoins en éducation spécialisée sont énormes. Le marché du travail souffre d'un manque cruel d'éducateurs spécialisés.

Les seuls problèmes rencontrés sont d'ordre pratique: «mon poste d'enseignante se trouvait à Bulle et vivant à Fribourg sans voiture, je devais parfois me lever avant l'aube pour attraper mon bus». «Il a également fallu se familiariser avec une ville que je ne connaissais pas», note Giuditta. Son premier job, elle ne l'a pas trouvé, l'offre de travail est spontanément venue à elle. Et côté emploi, l'éducatrice est plutôt chanceuse: «à chaque fois que je cherche un nouveau travail, ce sont les employeurs qui me contactent». Il faut dire que la jeune femme a effectué des stages durant ses études. Son univers professionnel, elle le connaissait déjà avant son entrée dans la vie active. Pendant sa formation, elle a, en effet, partagé la vie de la communauté du foyer qui l'emploie actuellement.

Le choc des vacances

Au niveau des changements survenus entre sa vie active et son existence d'étudiante, Giuditta souligne un changement d'horaire assez important qui nécessite une organisation plus pointue au niveau des tâches quotidiennes. Et de nous avouer: «le choc c'est les vacances. On passe de trois mois à cinq semaines de vacances. Et, je suis plutôt chanceuse, d'autres n'ont que quatre semaines de congés payés et, en plus, par choix, je ne travaille pas à 100%». Autre bouleversement, de nouvelles responsabilités, absentes de l'univers estudiantin, voient le jour: «dans l'enseignement, on dit que la première année est la plus difficile. Il y a beaucoup de travail de préparation: leçons, corrections, etc.». Autre difficulté, la nécessité de se créer un nouveau cercle d'amis: «les gens que tu as côtoyés durant tes études rentrent chez eux, du coup tu dois te refaire un réseau d'amis», dixit la jeune femme. «Mais en même temps, c'est passionnant de pouvoir connaître de nouvelles personnes, d'essayer de mettre en pratique ce que tu as appris à l'uni». Et de souligner «les théories c'est facile, il est par contre plus difficile de les appliquer sur le terrain».


Un jour ton job de rêve viendra!

Au chapitre des conseils à l'attention des étudiants désireux de s'intégrer dans le marché du travail, Giuditta insiste sur la nécessité de bien connaître l'entreprise pour laquelle on postule. Il est également important, selon elle, de faire des stages durant les études afin d'avoir un premier contact avec le monde professionnel car «la réalité peut être bien différente de ce qui est enseigné à l'uni». Et surtout, il importe «de ne pas se décourager si le premier job ne répond pas totalement à nos attentes, il faut parfois patienter quelques temps avant de trouver la bonne place». Sur ce point, Mireille, diplômée d'HEC, rejoint l'éducatrice: «les étudiants ne doivent pas abandonner s'ils ne trouvent pas tout de suite leur job de rêve». Et d'ajouter: «il faut se montrer flexible et manifester une réelle volonté de s'impliquer dans l'entreprise».

Le réseautage toujours utile

Mireille travaille actuellement comme comptable chez Online Gestion et enseigne l'économie au Centre de Formation Professionnelle de Sion. Son entrée dans le monde du travail s'est faite classiquement: réponse à une annonce parue dans la presse écrite.

Le réseautage lui a également été utile: une connaissance l'a aidée à trouver un poste dans l'enseignement. Les obstacles à son intégration dans l'univers professionnel: son manque d'expérience et sa surqualification. La transition études/vie active s'est déroulée en douceur chez la jeune femme: «j'ai pris six mois sabbatiques entre les deux pour me ressourcer», confie-t-elle. Si elle note le passage à des horaires plus contraignants, l'économiste avoue apprécier la liberté retrouvée des soirées où elle n'a plus besoin de potasser ses cours.

Et l'uni dans tout ça?

A la question de savoir si l'université en fait assez pour préparer les futurs diplômés à l'entrée dans le monde du travail, la réponse se fait nuancée. Niveau études, c'est clairement oui: «dans le cadre de ma formation, nous avons la chance de visiter des institutions et d'effectuer des stages», nous dit Giuditta. Même son de cloche chez Mireille: «grâce à l'introduction d'un semestre de stage, ça s'améliore. Le Master en comptabilité nous prépare bien car les professeurs travaillent aussi dans des fiduciaires, ils sont donc en prise avec la réalité du terrain, et puis on regarde des cas pratiques». Par contre, en ce qui concerne la recherche d'emploi, la jeune éducatrice est moins optimiste: «moi qui ne suis pas de langue maternelle française, j'ai dû me débrouiller toute seule pour écrire des cv. Sans l'aide de mes amis, j'aurais été un peu démunie».