
Le domaine du télétravail est en pleine expansion ! Alors que les Etats-Unis comptent déjà plus de 10 millions de personnes qui exercent leur métier depuis chez elle, le phénomène sévit depuis quelques années aussi de notre côté de l'Atlantique. Comment cette pratique est-elle vécue par les employés ? Quels sont les avantages et les inconvénients ?
Connexion par les télécommunications
La communication virtuelle sous tous les angles – téléphonie, télévision, email – qui peut avoir lieu depuis son propre chez soi est désignée dans le jargon par le terme « télétravail ». Il s'agit d'un nouveau modèle organisationnel qui connaît aujourd'hui un succès hors du commun, bien qu'il soit encore incertain que ce soit LE système du futur. Nous allons en analyser les pour et les contre, du point de vue de l'employé.
Oisiveté ou travail assidu ?
Etre assis en pyjama devant son ordinateur, téléphoner depuis son lit sans être dérangé, ne devoir subir les humeurs de personne… Beaucoup s'imaginent que le travail à domicile réunit toutes les conditions idéales. L'évocation du mot « maison » est pour nombre d'entre nous synonyme de chaleur, de confort et de satisfaction. Mais les apparences sont trompeuses… car comme presque partout, le revers de la médaille existe aussi.
Une chose est vraie : les télétravailleurs n'ont plus à s'énerver contre les heures de pointe, les embouteillages ou les collègues un peu trop bruyants. La plupart du temps, on ne les dérange pas et ils règnent en maîtres dans leur bureau, n'étant pendulaires qu'au travers de la technologie multimédia. Ce faisant, ils sont aussi immunisés contre d'éventuels facteurs de distraction, comme par exemple une mauvaise ambiance de bureau, les disputes, les intrigues ou les critiques incessantes de certains collègues. Ceux qui connaissent la série télévisée « The Office » savent ce que peut signifier d'être « busy in the office » : tracasseries concernant les obsessions de ses collègues ou disparition de l'agrafeuse comme thème du jour.
Seul dans la jungle du travail
Le télétravailleur a la paix chez lui. Celui qui travaille seul n'est pas dérangé – tellement peu dérangé qu'il souhaiterait parfois un peu plus d'ambiance. En réalité, tout ne marche pas toujours comme on le voudrait. La motivation fait souvent défaut, et la frustration a tendance à grimper plus rapidement. C'est exactement là qu'interviennent les côtés positifs des collègues de travail : lorsque le moteur commence à peiner, on peut trouver de l'impulsion et des idées chez les collaborateurs, ce qui fait remonter le niveau d'énergie. Sans aucun doute possible, un bon travail de groupe est un fondement important pour une productivité durable.
Le Moi au point culminant
« Comment réussir à se motiver continuellement soi-même ? » est la question primordiale des télétravailleurs. Le « Moi » acquiert donc immanquablement plus d'importance, ce qui peut être à double tranchant. Il suffit de penser à la responsabilité, l'autodiscipline, l'auto-motivation, l'autocritique… Ce sont de toute évidence des vertus recherchées mais on court le risque, en focalisant principalement sur soi, d'être en partie trop dur avec soi-même, tandis qu'en tant que rouage d'un système, on n'a pas besoin de se préoccuper de ce qui se passe en dehors de son domaine. Cela correspond peu à la réalité du travail.
Il ne faut pourtant pas hésiter à s'approprier une mauvaise habitude : l'éloge de soi, malgré sa piètre réputation. Il est tout à fait légitime de se féliciter, au terme d'un travail couronné de succès, d'avoir donné le meilleur de soi ou d'admettre que l'on a obtenu le résultat voulu. Il en va de même lorsque l'on a atteint une étape, pour autant que cela ne devienne pas permanent.
Chercher des contacts
Mirjam D., graphiste indépendante travaillant seule chez elle depuis trois ans, estime que le plus grand inconvénient du télétravail est la solitude : « Je travaille plus vite et mieux chez moi mais, dans les premiers temps, je me sentais totalement coupée de mon environnement. C'était comme si le monde m'avait avalée. » Le fait de bavarder et de faire de brèves rencontres disparaît simplement du quotidien.
Mirjam s'est débarrassée de sa solitude et est devenue une habituée du café d'en face. C'est là que l'on rencontre un nouveau problème : lorsqu'il est possible de repousser aussi aisément les périodes de travail et de pause, comment fixer une structure de base ? En cas de nuit blanche, peut-on traîner au lit le matin et rattraper le travail perdu au cours du week-end, puisque tout est de toute façon à portée de main ?
Alors que l'on peut passer à tout moment de la chaise de bureau au canapé, l'inverse est aussi valable ! Qui ne s'est jamais dit qu'il devrait peutêtre s'y mettre un petit moment ? Travailler à la maison peut ainsi être la source d'un sentiment de culpabilité qui laisse souvent un arrière-goût amer.
Jouir de plus de libertés
Comme nous l'avons vu, il est difficile de gérer sa liberté. Il faut presque apprendre à l'apprécier à sa juste valeur. C'est souvent un peu plus aisé pour les parents, qui profitent du télétravail pour mieux jongler avec les nombreuses tâches du quotidien. Par exemple, si un enfant est placé en crèche, les créneaux horaires pour les trajets seront plus souples si l'on travaille chez soi que si l'on est tenu à des horaires de bureau fixes.
Reste encore le côté pragmatique de la libre organisation de son quotidien, c'est-à-dire les économies que l'on réalise. On évite en effet bien des coûts supplémentaires, tels que l'abonnement de train, le café du matin à la gare ou encore le déjeuner dans des restaurants au prix souvent exagéré.
Dire ce que l'on fait
Après avoir examiné les différents aspects du télétravail, il reste toutefois primordial de ne pas oublier que derrière chaque « télétravailleur » se cache une personne, et que chacun a un caractère différent et des besoins propres. Ce qui profite à l'un peut tout à fait déplaire à un autre ! Il est impossible de donner une préférence à l'une ou l'autre des formes de travail.
D'ailleurs, j'ai rédigé cet article à la maison, avec comme avantage celui de n'avoir pas été dérangée et d'avoir pu me concentrer, mais aussi avec l'inconvénient de n'avoir pas pu discuter avec une collègue ou lui demander rapidement son point de vue concernant certains passages. De plus, personne ne sait que je travaille sur cet article cet après-midi même. Celui ou celle qui travaille seul devrait pourtant absolument faire part à d'autres personnes du sujet qu'il/ elle est en train de préparer. Sinon, on peut avoir l'impression d'avoir fait du sur place toute la journée, ce qui n'est pas vrai. La preuve : l'article est terminé. | EG
Conseils pour ceux qui travaillent à la maison