A Lovisa Kopé, il n’y a pas d’électricité, mais un groupe électrogène qui fonctionne en soirée. Pour notre première nuit au village, j’ai voulu rafraîchir la chambre en allumant la climatisation pendant que le groupe tournait. La climatisation est adaptée à toutes les températures car elle peut aussi chauffer. J’ai bien sûr fait la seule bêtise à ne surtout pas faire : j’ai réglé la climatisation sur 35°C ! Pour vous donner une idée, c’est la température moyenne d’un jacuzzi. Je vous laisse imaginer…
Avec Romain, nous avons attendu que la chambre se rafraichisse un peu, puis nous sommes allés nous coucher. Tout le monde dormait, il fallait être discret. A l’entrée de la chambre, est installé un carillon et en l’effleurant, Romain a déclenché un léger son. Affolé, et pour stopper le bruit, il a eu le reflexe magique d’empoigner d’un coup d’un seul tout les tubes du carillons. Je pense que ce qui a fait le plus de bruit finalement c’était nos éclats de rire.
Le matin, le soleil se lève très tôt, aux alentours de six heures. A cette heure-ci, tout le monde se réveille. On peut alors entendre le bruit des branchages noués formant un balai, gratter le sol. Si les Togolais se réveillent tôt, leur rythme n’est pas bien défini, et la sieste en début d’après midi est souvent de rigueur. Ce matin, nous avons été réveillés par un coq mal réglé qui a chanté toute la nuit. La Reine a alors ordonné : « qu’on lui coupe la tête ». Il était délicieux.
Le petit déjeuner servi chez la Reine regorge de fruits frais : des mangues, de l’ananas et des bananes. A cela, s’ajoute le pain fabriqué à Lovisa Kopé et du jus d’orange fraichement pressé. C’est un régal !


Avec Anne Sophie, nous sommes allées au dispensaire, donner un coup de main à l’infirmier qui était tout seul. Tous les autres sont partis en formation à Atakpamé. Les consultations au dispensaire permettent de développer son observation clinique. En effet, il n’y a pas de laboratoire à proximité, peu de matériel et pas d’électricité. Le problème de santé le plus fréquemment rencontré est le paludisme, aussi appelé malaria. En ce moment, le Togo est en rupture de stock de test rapide permettant le diagnostic du paludisme.
L’infirmier observe donc chaque symptôme et chaque partie du corps. Par exemple, un enfant est venu ce matin car il avait de la fièvre. L’infirmier a pris sa température qui était élevée. Il a ausculté son abdomen et a remarqué que la rate était gonflée. Il a questionné la maman sur la présence d’une moustiquaire à domicile, les symptômes, l’appétit et l’humeur de l’enfant. Il a observé ses mains et ses yeux qui indiquaient une anémie. Il a donc jugé avoir assez d’information et a traité pour un paludisme. J’ai moi-même administré le traitement par voie intramusculaire.
L’infirmier prend le temps d’expliquer aux patients et comme il ne parle pas le dialecte local, l’ewe, il demande à une interprète de traduire depuis le français, ce qui nous permet de tout comprendre. Un homme est venu avec une plaie à la jambe, Anne Sophie a fait le pansement, et l’infirmier a expliqué tout l’intérêt de faire la vaccination anti-tétanique. Nous sommes rentrées à pied (environ 2km) sous une chaleur intenable. Heureusement, dans notre sac à dos nous transportons avec nous la crème solaire, la casquette et les lunettes de soleil. Après ce périple, nous nous sommes installées quelques heures devant le ventilateur. Après, nous avons fait une partie de l’inventaire des dons de médicaments.



Romain est allé à Kpalimé (prononcez Palimé) avec un chauffeur et un militaire chargés de faire réparer la voiture royale. Pour changer les freins arrières d’une voiture il n’aura fallu pas moins de cinq personnes et quatre heures. Le midi, les hommes sont partis chacun de leurs côtés pour manger. Romain est allé dans un restaurant de blanc tandis que les deux autres ont mangé dans la rue. En effet, les plats préparés en ville nécessitent un appareil digestif solide. Au restaurant de blanc, Romain a mangé copieusement avec un apéritif, une entrée, un plat, un dessert, des boissons et un service excellent pour l’équivalent de 15€. Les deux autres en ont eu pour onze fois moins cher et ont très bien mangé aussi. Sur la route, ils ont achetés des bananes et des balais. C’est le début de la saison des pluies, il se met parfois à pleuvoir d’un seul coup à grosses goutes. Romain a pu remarqué que les Togolais sont rapides lorsqu’il s’agit de s’abriter de l’eau.


En fin de journée, la Reine a pour habitude d’aller donner à manger aux poissons vivants dans son étang. Nous l’avons accompagnée et nous avons été impressionnés par le nombre de poissons qui s’agitaient faisant comme si l’eau bouillait. Bientôt, nous pourrons les manger, miam !

