Les émotions du week-end

 

Nous avions hâte d’arriver au week-end pour pouvoir profiter des enfants du village. La Reine accueille des enfants orphelins ou non, qui n’ont pas les moyens d’aller à l’école. Elle leur offre un toit, de la nourriture, du linge, et une scolarité. Même si l’école est gratuite jusqu’au CM2 ici, les fournitures scolaires obligatoires sont chères. 

 

Jeu de société

Nous avons découvert, dans la maison de la Reine, un jeu de société aux règles farfelues : le petit immortel. La règle du jeu est tellement longue et tarabiscotée que nous avons mis longtemps pour nous mettre en route. Une fois la partie commencée, les plus grands enfants nous ont rejoints. Comme l’a si bien dit Romain : « C’est fou ce qu’un jeu de société est amusant ici ! ». C’est vrai que nous avons beaucoup ri. Pourtant le jeu porte sur nos connaissances en mathématiques, en orthographe ou encore en mythologie. Mais lorsque le « Julien Lepers » de la partie a un fort accent africain, les questions deviennent beaucoup plus amusantes. A la consigne « épelez les mots modernes », Paul n’a pas attendu la suite de la question pour répondre : « M.O.D.E.R.N.E.S. ». Si nous gagnons une année de vie par minute de rire, après cette partie, nous allons vivre vieux.

 

Visite d’Agotime

Nous sommes allés voir le village d’un des enfants accueilli par la Reine, Donné. Pas besoin de prendre le « goudron », il suffit de suivre la piste sur quelques kilomètres. Arrivés là-bas, la famille de Donné n’était pas là, elle cultivait leur champs, loin du village. On a du mal à penser qu’un samedi, en début d’après-midi, sous une chaleur caniculaire, sa famille travaille. Ce n’est que partie remise. Nous avons fait le tour du village, puis nous sommes rentrés.

agotime

agotime

Chaleur humaine

Le soir, Donné nous a dit que l’on pouvait y retourner. En pleine nuit, il y a des centaines de crapauds sur la piste, Romain a essayé de les éviter tant bien que mal. La soirée s’est déroulée dans une ambiance toute particulière que je vais tenter de vous transmettre. Sous une hutte, une famille au grand complet était assise à même le sol. Un attroupement de villageois nous a rapidement entouré et nous a accompagné sous la hutte. Ils ont regroupés les quelques tabourets existants pour que l’on s’asseye. Nous étions éclairés à la lumière d’une lampe à pétrole. Nous n’entendions que des paroles éwé (le dialecte de la région des plateaux), et des rires. Même si nous ne comprenions pas, nous ressentions que les dialogues étaient chaleureux. Donné nous a traduit les salutations de la famille. 

Sous la hutte

La famille

Un an après

Dans la pénombre, j’ai reconnu la mère de Donné. Je connais bien cette femme, puisque l’année dernière j’ai suivi une de ses nombreuses grossesses et j’ai fait naître sa dernière fille, Céline. J’ai été très heureuse de revoir la petite en bonne santé. Ici, la mortalité infantile est élevée. J’ai offert à Céline un des nombreux vêtements pour enfants issus des dons et que j’ai emmené dans ma valise. 

 Céline 1 an

Donné et son beau père

 

« Bonne arrivée »

On nous a alors apporté un tabouret, recouvert d’une nappe, sur lequel se trouvait une assiette et un verre. C’était certainement la plus belle vaisselle de la famille. Donné nous a servi le sodabi et nous avons bu chacun notre tour dans le même verre. Donné nous a expliqué que c’était pour nous souhaiter la bienvenue. Le père de famille nous a offert des oranges vertes, certainement le fruit de leur récolte de la journée. 

 

Une leçon de vie

Ils étaient très heureux de nous recevoir, et le départ fut difficile, pour eux comme pour nous. Lors de cette soirée, nous avons découvert, un état d’esprit qui est très différent de celui des européens. Ces gens effectue des journées de durs labeurs, n’ont presque rien, et à l’occasion de notre visite se démunissent du peu qu’ils ont pour nous faire plaisir.