Le jour du marché
Le jeudi, c’est le jour du marché d’Amoussoukopé, un village à deux kilomètres de Lovisa Kopé, où se trouve le dispensaire. Les populations des villages alentours se déplacent pour vendre les produits qu’ils cultivent et en acheter d’autres afin de diversifier leur alimentation. Des navettes entre les villages les plus reculés et Amoussoukopé se font uniquement le jeudi.
Voilà pourquoi, il y a plus de patients que d’habitude au dispensaire le jeudi. Certaines personnes sont tombées malades le vendredi précédent, mais n’ont pu venir se faire soigner que le jeudi de la semaine suivante. Anne Sophie et moi avons pris un sandwich chacune dans notre sac à dos et sommes parties toute la journée au dispensaire. Comme le personnel habituel est en formation, et qu’il n’y a qu’un seul infirmier, les visites pré et post natales de la semaine ont été annulé. Nous avons vu beaucoup de malades, beaucoup de maladies et nous avons appris beaucoup de choses :
- Une petite fille qui avait une forte fièvre est venue accompagnée de sa maman. Afin de faire chuter la température, l’infirmier a décidé de lui faire une injection dans les fesses. Lorsqu’elle a compris, la petite s’est mise à hurler très fort. Elle ne s’est arrêtée de pleurer que plusieurs minutes après l’injection. Pendant ce temps, un enfant est entré dans le bureau des consultations pour une forte fièvre. En voyant l’autre petite fille pleurer, il s’est mis à hurler encore plus fort. L’infirmier lui a dit « arrête de pleurer sinon je vais te faire une piqure ». L’enfant s’est arrêté. Puis l’infirmier lui a quand même fait une piqûre.


- Une mère est venue montrer sa fille de six mois, qui était très calme, car elle pensait que le frein sous la langue était trop long. L’infirmier a observé et a dit que tout était normal. Mais devant nos yeux incertains, il nous a montré comment faire pour être sûr : il a tapé sur le taon de l’enfant jusqu’à ce qu’il crie, et ainsi qu’il soulève sa langue. Nous avons bien pu observer, mais l’infirmier aura fait pleurer le seul enfant calme.
- Une femme est venue avec un panaris étendu à toute la main. L’infirmier lui a dit qu’il y avait de l’eau à l’intérieur de la main, et qu’il fallait inciser pour l’évacuer. Il lui a aussi expliqué qu’elle ne sentirait rien car il allait anesthésier sa main. Mais la femme lui répondit que non, il n’y avait pas d’eau dans sa main. L’infirmier lui a proposé de ponctionner un peu de liquide avec une seringue pour lui prouver le contraire. Mais la femme refusa le soin. Pour ne pas se laisser influencer par la femme, l’infirmier décida de la transférer à l’hôpital qui prendra la décision finale.

- Un homme est venu avec un genou gonflé et douloureux. On pouvait sentir que le gonflement était du à un liquide. L’infirmier a diagnostiqué : c’était la goutte. Il a ponctionné presque 100ml de liquide sanguinolent. Puis le gonflement a disparu. Il a prescrit au monsieur des médicaments et lui a dit de revenir dans quelques jours.


- Un vieil homme, à qui l’infirmier avait mis une sonde vésicale, suite à un globe urinaire, est venu pour un contrôle. Même si il avait fait déjà plusieurs globes urinaires, et qu’à chaque fois on lui remettait un sonde, il voulait l’enlever. L’infirmier lui a expliqué les bienfaits de la sonde. Le vieil homme a accepté de la garder mais voulait qu’on lui lave la vessie. L’infirmier a fait un contrôle et a rassuré le vieux monsieur.
- Une femme est venue pour des douleurs de bas ventre, elle souhaitait avoir un enfant depuis longtemps. L’infirmier a questionné, et il a pensé que ça pouvait être une grossesse extra utérine. Il a fait faire à la femme un test de grossesse, qui s’est avéré positif. Après un touché vaginale, l’infirmier a pu conclure : la grossesse était normale et dans six mois la femme serait maman. Une heureuse nouvelle même si l’expression des émotions n’est pas la même que chez nous pour ce genre de nouvelles.
- Un homme est venu avec une hernie bilatérale des bourses étranglée. L’infirmier a « remis » l’intestin en place d’un côté, puis a dit à l’homme d’aller se faire opérer.
Nous avons vu encore bien des choses. L’infirmier nous explique bien, et il nous demande quel est selon nous le diagnostic à chaque fois. En fait, on joue un peu à Dr House.


Les chiots de la reine sont plein de tiques, on doit faire attention à ne pas en attraper!