Activités de la vie quotidienne

 

L’accouchement

 

Au début, ma maman et ma tante ne souhaitaient pas observer d’accouchement, par discrétion. Pauline les a rassurées et même incitée à venir voir un accouchement à l’africaine. Moi, je savais que ça ne posait pas de problème : parfois des femmes viennent observer un accouchement, simplement pour leur culture générale. La notion de pudeur est très variable ici et ailleurs. Lorsque mon téléphone « de garde » a sonné, elles ont toutes les deux sauté dans la voiture. Ma maman et ma tante se sont rappelées de leurs propres accouchements et ont compati douloureusement aux contractions de la femme. Ici, elles doivent marcher jusqu’à dilatation complète, ce qui à priori paraît être une torture. Mais une fois que la femme s’est allongée pour l’accouchement, son bébé est arrivé en quelques secondes : une fille de 3kg500.

Naissance

Ma mère et ma tante ont pu observer qu’au dispensaire d’Amoussoukopé, les femmes accouchent avec plus de facilité, et plus rapidement que dans notre pays.  Elles ont été étonné par l’attitude de la mère à l’arrivée du nourrisson. La femme observe seulement son bébé, sans même le touché, une attitude qui paraît instinctive. 

La maman observe son enfant

 

Le marché d’Amoussoukopé

 

Nous nous sommes rendues à pied au marché d’Amoussoukopé qui se trouve à deux kilomètres de Lovisa Kopé. Là bas, on vend divers aliments comme des arachides, du manioc, des piments ou du poisson séché. Les articles sont regroupés en petites pyramides et l’acheteur paie en fonction du nombre de tas qu’il souhaite.

Marché d'amoussoukopé

Certains vendeurs font griller des épis de maïs ou font frire des beignets d’on ne sait quoi. Le marché est envahi par ces odeurs de nourriture. On trouve aussi des chaussures, importées d’Asie, qui imitent maladroitement de grandes marques. Certains vendent du savon qui ressemble à des boules de pates à modeler dont on aurait mélangé les couleurs. Des pagnes de différentes qualités, très colorés, vendus à des prix plus où moins abordables sont exposés à différents stands. Des coiffeuses tressent des clientes à l’ombre d’une paillote. Au milieu de la foule, se promènent des femmes, portant de l’eau en sachet sur la tête, à la recherche de personnes assoiffées. 

Marché d'Amoussoukopé

Pour la petite anecdote, jeudi dernier, une femme a accouché au marché d’Amoussoukopé, pensant que les douleurs qu’elle ressentait depuis la veille, n’étaient pas inquiétantes. On nous a amené le nouveau né et le placenta emmaillotés ensemble dans un pagne sale, au dispensaire. 

 

 La messe

 

Chaque dimanche, je vais à la messe à l’église d’Amoussoukopé. Habituellement, je ne vais quasiment jamais à l’église, mais au Togo, j’aime bien m’y rendre. La messe débute à sept heures. Si on veut s’y rendre à pied, il faut se lever un peu tôt. Chacun met ses plus beaux habits, se couvre la tête et les épaules. A l’église, les femmes s’installent à gauche, les hommes à droite. L’entrée du prêtre et des enfants de cœur se fait en musique, rythmée par les instruments locaux comme le djambé. La messe dure deux heures en général. Il y a deux quêtes, voire trois. Pour la deuxième quête, on nous appelle par notre jour de naissance : du lundi au dimanche, et enfin ceux qui ne connaissent pas leur date de naissance. On va donner de l’argent en dansant et en frappant dans les mains. Le prêtre fait la messe en éwé, et un petit peu en français pour que je puisse comprendre une partie. Il lit toujours un passage de la bible, puis l’explique avec ses propres mots et avec des exemples concrets, qui font parfois rire l’assemblée. J’apprécie tout particulièrement le passage où le prêtre dit : « que le seigneur soit avec vous » et où l’assemblée doit répondre « et avec votre esprit », mais comme la plupart ne parle pas français, ils ne prononcent que les voyelles, incertains, comme s’ils avaient tous une pomme de terre brulante dans la bouche. 

Eglise d'Amoussoukopé

A notre retour, maman a découvert, à quel point, porter un enfant dans le dos, attaché avec un pagne, était pratique. Elle a porté un bout d’chou de deux ans sur deux kilomètres sans être fatiguée. 

Méthode kangourou

 

La pêche

 

Dans le barrage de Lovisa Kopé, vivent de nombreux poissons, nourris chaque jour par la Reine, elle même, qui les affectionnent particulièrement. Mais comme il faut nourrir beaucoup de bouches, les enfants pêchent les poissons de temps en temps. Leur technique s’opère grâce à un filet très pratique. Il suffit d’un lancer pour attraper une soixantaine de poissons. Je vous laisse apprécier les photos.

Lancer du filet

Attraper

Manger