
Parti de Saint-Martin (Antilles françaises) le 23 mai dernier, le plus grand bateau solaire au monde, PlanetSolar, a rejoint Miami, le 1er juin. La navigation n’a pas été de tout repos puisque les conditions météorologiques se situaient en deçà des moyennes saisonnières. Cette étape marque le début de la tournée américaine de PlanetSolar et, surtout, le lancement de l’expédition scientifique, «PlanetSolar DeepWater». Cette mission mettra le catamaran au service des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE), qui mèneront une campagne de mesures physiques et biologiques, le long du Gulf Stream. L’équipe de scientifiques sera dirigée par le Professeur Martin Beniston, climatologue et directeur de l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université de Genève (UNIGE).
Le bateau et son équipage feront escale à Miami jusqu’au 6 juin, une étape déterminante puisqu’ y sera réalisé une dernière phase de test des instruments avant de partir à la conquête de l’un des plus importants régulateur climatique européen et nord-américain. Jusqu’au mois d’août, l’équipe interdisciplinaire de scientifiques s’engagera le long du Gulf Stream, sur plus de 8000 kilomètres, entre Miami (État-Unis) et Bergen (Norvège) en passant par New-York, Boston, St-John’s (Canada) et Reykjavik (Islande). Cette campagne unique doit mener les chercheurs à «naviguer le long du Gulf Stream et à récolter des données scientifiques, à la fois dans l’eau et dans l’air, afin d’améliorer la compréhension des interactions complexes entre l’océan et l’atmosphère, ainsi que le rôle de ces interactions dans les changements climatiques», explique le Professeur Beniston. En parallèle, une équipe pédagogique a développé des activités et ressources didactiques permettant de sensibiliser le jeune public aux changements climatiques et à leurs impacts.
Le MS Tûranor PlanetSolar va largement contribuer à la récolte de données inédites de ce courant océanique puisque l’absence d’émissions polluantes va pouvoir garantir que les mesures atmosphériques ne seront pas faussées par les résidus liés à la combustion de carburant. Enthousiaste de débuter cette campagne scientifique, Gérard d’Aboville, capitaine du bateau, déclare «jusqu'à présent nous étions, en quelque sorte, en convoyage, dans quelques jours nous débuterons cette expédition scientifique qui est la raison d'être de notre voyage et la vie à bord va être entièrement organisée autour des mesures que vont effectuer les chercheurs de l'Université de Genève. Tout l'équipage est très motivé et s'active aux derniers montages des instruments de mesures». De plus, le MS Tûranor PlanetSolar voguera pour la première fois dans la partie la plus septentrionale de l’Atlantique. «Les conditions de la navigation vont changer, nous quittons le régime des Alizés que nous connaissions depuis les Canaries pour accompagner le Gulf Stream dans sa grande errance le long des côtes américaines d'abord, à travers le nord de l'Atlantique ensuite» explique le capitaine. Par ailleurs, cette escale à Miami est aussi la première opportunité de démontrer aux Américains les applications concrètes d’un vaisseau uniquement propulsé par l’énergie photovoltaïque.
Afin de collecter une série continue de mesures physiques et biologiques dans l’eau et dans l’air, le navire sera équipé de 6 instruments hightech, dont la «Biobox», un appareil spécialement développé par le groupe de physique appliquée de l’Université de Genève. Dédié à l’étude des aérosols à l’interface entre l’atmosphère et l’océan, cet outil est le seul, à ce jour, capable de déterminer instantanément l’identité des aérosols à l’aide d’une technologie laser. Il est utilisé pour la première fois à bord du MS Tûranor PlanetSolar.
Construit à Kiel (Allemagne), le MS Tûranor PlanetSolar est un catamaran fonctionnant exclusivement à l'énergie solaire. Le 4 mai 2012, après 584 jours de navigation et plus de 60'000 km parcourus, il accomplit le premier tour du monde à l’énergie solaire.
Pour ses expéditions 2013, le MS Tûranor PlanetSolar a subi une importante opération de maintenance. Parmi les nombreux travaux d’entretien et d’optimisation réalisés, on retrouve le réaménagement des cabines, la création d’une zone de cheminement sur le pont solaire, l’augmentation de la capacité des cuves à eau ou encore l’amélioration du gouvernail.
L’optimisation la plus significative a été le changement du système de propulsion, en remplaçant les hélices de surface par un système complètement immergé.
Pour 2013, l’équipage du MS Tûranor PlanetSolar est composé de : Gérard d’Aboville (Capitaine), Andrew Mikkelsen (Second), Antoine Simon (ingénieur électricien) et Hugo Buratti (matelot et intendant). Au cours de l’expédition PlanetSolar DeepWater, l’équipe scientifique de l’UNIGE viendra compléter l’équipage.
Après avoir quitté Las Palmas (Espagne) le 26 avril 2013 le plus grand bateau solaire au monde a rejoint Marigot, à Saint-Martin (Antilles françaises) 22 jours plus tard. Un nouvel exploit pour le MS Tûranor PlanetSolar qui bat ainsi son propre record mondial de vitesse de traversée transatlantique à l’énergie solaire, établi en 26 jours durant son tour du monde.