Le 1er septembre 2009, assis confortablement à la fenêtre du train qui m’éloignait de la maison, scrutant avec un peu de mélancolie les paysages auxquels j’associais les gens qui allaient me manquer tout au long de ce périple, j’essayais tant bien que mal de me mettre dans la tête que dorénavant, je ne parlerais qu’anglais. Un anglais bien particulier, je te l’accorde. Je m’entraînais déjà à rouler les « r », à prononcer les « my » en « mi », et à reproduire en cachette les répliques de « Trainspotting ».
Aujourd’hui j’avoue que ces exercices n’étaient pas franchement utiles. Les Ecossais, les vrais de vrais je veux dire, les roux en kilt jouant de la cornemuse un verre de whisky à la main et te parlant dans leur jargon bien à eux, j’en croise pas tant que ça. Non, en fait je passe la plupart de mon temps avec des groupes pour le moins cosmopolites ! Je ne sais pas vraiment pourquoi ça s’est fait comme ça. Peut-être parce qu’entre étrangers on a plus en commun et à partager, ou par simple réflexe naturel, ou aussi parce que l’Université de Dundee nous encourage à nous regrouper lors d’événements organisés spécialement pour nous par… l’association des étudiants internationaux évidemment.
Malgré le plaisir que j’ai à fréquenter toutes ces personnes, je suis quand même toujours comblé lorsque je passe 15 minutes à me commander un sandwich parce que la personne d’en face me demande si j’aimerais mon pain rond ou carré avec un accent qui ferait même se bidonner un garde de la Reine. Après cinq mois, je commence gentiment à m’habituer à ce dialecte et honnêtement à y prendre goût, même si je ne le pratique pas autant que je le souhaiterais.