Quel plaisir d'écrire à nouveau ailleurs que sur des feuilles de notes, des pages interminables de rapports fastidieux, ou d'hostiles copies d'examens! Quel ravissement de voir miroiter les rayons du soleil à travers les rideaux éclaircis par la lueur matinale de 14h! Quel bonheur de goûter à nouveau à la quiétude accompagnée d'une saveur de whisky! Quelle angoisse de se rendre compte que maintenant,… ben maintenant rien.
Passé le mois d'avril, j'en ai fini avec le fil des études, du moins pour cette année. A partir de cet instant, il me reste un mois et demi pour régler mon compte avec l'Ecosse. Qui sera le premier de nous deux à céder ses secrets à l'autre? Je me doute bien qu'à ce jeu-là, je n'ai pas mes chances face à l'une des contrées les plus mystérieuses de notre astre. Même si les usines délabrées ont remplacé les châteaux forts et cercles de pierres cabalistiques, il en reste quelques traces, que je compte bien investiguer!


Oui, le semestre se termine bien tôt par ici! Au lieu de rentrer embêter les copains qui seront probablement en train de se saturer le crâne de multiples concepts, j'ai décidé de camper ici encore quelque temps. Il y a quand même un point auquel je n'avais pas songer: après les examens, tout le monde s'en va. Dundee est une ville étudiante, c'est-à-dire qu'elle survit notamment grâce à ses infrastructures pour universitaires fêtards, et que la basse saison commence à la fin des examens. Durant le semestre, on danse, on chante, on boit, on se fend la gueule et bon, d'accord, on travaille pas mal aussi. Tout ça nous fait presque oublier que Dundee n'a pas toujours eu tant d'énergie. L'âge d'or du textile lui avait valu un port opulent, et les escales de marins suant le voyage et l'aventure maritime. Malheureusement, les riches entrepreneurs à chapeaux melons qui se baladaient au bord de la rivière Tay ont déserté la cité. Le hub du « Jute, Jam and Journalism » a laissé derrière lui de vieilles usines délabrées, hantées par le chômage et suivant ainsi le mouvement général engrené en Calédonie.

La venue de l'Université à Dundee dans les années soixante a provoqué une réaction en chaîne qui lui vaut maintenant un statut de renommée nationale, voire internationale suivant le domaine d'étude, tel que le droit. Mais tous les futurs juristes et leurs confrères aspirants à d'autres professions s'empressent de rentrer aux quatre coins de la Grande-Bretagne, une fois le verdict des examens tombé. Quant à moi, je regarde les amis quitter l'audience, petit à petit, en observant les jours se rallonger à vitesse grand V; V comme vacances! En mai, fais ce qu'il te plaît. Je m'en souviendrai!
