Le semestre dernier, je m’enthousiasmais pour chaque occasion qui me faisait apprécier d’autres modes de vie, points de vue, de nouvelles habitudes, activités et façons de travailler. Je me disais: «une année, ça passe tellement vite! Ne perdons pas de temps!». Alors je courais de fêtes en fêtes, de lieux en lieux, d’événements en événements, pour ne pas rentrer en Suisse plein de regrets. Flâner n’était jamais à l’ordre du jour. Je ne passais pas un week-end à la maison, je préférais la vadrouille. Je ressentais constamment le besoin de rencontrer du monde et de vivre à l’écossaise.
Aujourd’hui, j’ai un peu perdu ce sentiment. Rien de grave pourtant! C’est même plutôt bon signe. J’ai mûri. Je suis simplement passé du stade de touriste à celui de résident. La routine a pris le dessus sur l’aventure. J’ai moins soif de découverte que de d’acclimatation et je me sens enfin chez moi, non plus à l’étranger. Mes soirées commencent à se ressembler, je fais mes courses dans les mêmes magasins, je connais plus ou moins les programmes de la BBC, on sait où amener les amis qui rendent visite, etc.
Je vis pourtant cette expérience avec la même intensité, mais elle est simplement de nature différente. C’est finalement une sensation assez plaisante de se dire que l’on a «apprivoisé» la ville. Voilà pourquoi, si tu cherches à étudier à l’étranger mais que tu te tâtes quant à la durée de ton séjour, je te conseille vivement de ne pas t’arrêter à un seul semestre. Vas-y carrément une année, ou, mieux encore, toute la durée d’un diplôme.
Evidemment, la mélancolie refait parfois surface. Qui n’aime pas être actif et découvrir inlassablement de nouvelles choses? Mais comme disait je ne sais plus qui: «ça ne sert à rien de regretter le passé, il suffit d’être heureux de l’avoir vécu». Et en plus, mon périple en Ecosse n’est pas encore fini à ce que je sache.

Il est un autre avantage à l’acclimatation: on a plus de temps pour la bibliothèque! Hourra! En ce qui me concerne, c’est une nécessité, car les modules que je suis ce semestre sont évalués à 100% sous forme de contrôles continus. Voilà peut-être la raison pour laquelle j’ai moins de temps pour les randonnés et les dégustations de whisky. Mais ça, c’est un choix que j’ai fait il y a déjà une années lorsque je rendais mon dossier de candidature à l’Institut de Géographie de l’Université Lausanne.