Les British - j’ai pris la vilaine habitudes de les appeler de la sorte et je m’en excuse - mesurent toujours en inches, pouces et pèsent en pounds et en stones. Notre amie l'Union Européenne a bien tenté d’uniformisé le système en obligeant tous ses membres à utiliser le système métrique, mais les anglais font (comme souvent) de la résistance. D'un autre coté, quand on est habitué à compter comme cela depuis l'enfance, je comprends qu'il soit difficile de changer.
Les habitudes bougent. Déjà tous les mesures utilisées par les ouvriers du bâtiment suivent le système métrique. On achète 2 mètres de tuyaux, pas 7 pieds. Et on prend 6 kilos de ciment, pas une stone. Bien sur vous trouverez des ouvriers britanniques qui vous expliqueront que vous devriez abaisser tel panneau d'1 inch, mais ils se font rares (remplacés par des polonais, moins chers et qui travaillent nettement mieux). Non, je n’ai pas trouvé de part-time dans le bâtiment, on me l’a raconté.
Les journaux populaires tels le Sun ou le Daily Mail aiment aussi se payer l'Europe de temps en temps. Il y a quelques années ils s'insurgeaient qu'un règlement européen oblige l'affichage des quantités en kilos. Rien n'empêche de mettre à coté l'équivalent en livres (pounds), mais il est toujours bon d'accuser l'Europe d'ingérence et de diktat (pour l'anecdote, il est toujours très difficile d’utiliser mes livres de recettes suisse avec les verres verre gradué British en oz et lb, d’autant plus que le facteur "les-british-ne-connaissent-rien-à-la-cuisine" est lourd à gérer. J'étais toutefois prête à tolérer quelques rigidités surtout si on imposait un changement, avec un kilo venu du continent.
Sauf que j’ai recemment lu dans le Figaro que depuis 1889, le kilogramme est basé sur un cylindre composé pour 90% de platine et 10% d'iridium, fabriqué à Londres en 1879. Il est vrai que celui ci est conservé sous une cloche de verre au Bureau International des Poids et Mesures à Sèvres, près de Paris. L'adoption du kilo par les Anglais n'est donc que la ré-appropriation de leur propre histoire. Ils devraient dire merci l'Europe!
Dans la même catégorie "résistance" leur entêtement à tout faire à l’envers. Du moins, notre envers à nous Européen non anglais. Je me trompe systématiquement de tourniquet quand je rentre dans le bâtiment de mon école. - Digression: pour entrer dans les bâtiment de SOAS il est nécessaire de passer sa carte d’étudiant. Pourquoi? Parce que SOAS était connu pour être le bastion du trafique de drogue des étudiants. Bien plus que LSE ou UCL ou l’on entre sans identification particulière. Digression terminée. - Alors pourquoi je me trompe de tourniquet?
Parce que les anglais font les choses à l’envers. Quand la majorité de la population est droitière, pourquoi mettre le lecteur de carte à gauche du tourniquet? Pourquoi rouler à gauche? L’explication remonterait au temps des chevaux: on cavalait à gauche pour serrer la main des autres cavaliers avec la main…droite. L’explication - mignonne je l’avoue - ne calme cependant pas mon énervement quotidien. Parce qu’il n’y a pas que le tourniquet, il y a la circulation aussi. Enfin je devrai dire, il y a surtout la circulation, qui même après 6 mois me fait toujours autant craindre pour ma vie.
