Mon appart

Il faut tout de même que je raconte 2-3 trucs sur mon logement car la situation immobilière était tellement critique pendant les premiers mois que je n'ai pas eu le luxe de choisir un appartement "convenable".
Commençons par le positif:
- Le loyer est relativement bas, 250Euros, ce qui correspond à environ 300CHF. Même si beaucoup de résidences étudiantes proposent des prix proches de 200Euros, ceux qui étudient dans des villes comme Lausanne ou Genève seront d'accord pour dire que le mien reste faible.
- Je suis à proximité de l'université et du centre-ville (1 à 2 km) ce qui est vraiment pratique lors des fins de soirées difficiles ou encore les matinées où je veux retarder au maximum le moment de se lever pour aller en cours.

Mais il m'arrive parfois d'oublier ces deux aspects positifs car:
- Je vis dans une porcherie. J'avais pourtant vécu durant une année dans une colocation avec cinq autres énergumènes et je pensais que l'on avait atteint des sommets à propos de la propreté. Mais là... entre la vaisselle qui reste sale pendant plusieurs jours, les steaks trop cuits qui pourrissent dans les armoires, les défécations du chat qui reste plusieurs jours sur le sol et j'en passe, je crois être à la limite en matière de choses franchement dégueulasse.
- En plus de ca, je crois que l'appartement me veut du mal. Ça a commencé avec le matelas à eau qui s'est troué en pleine nuit (j'ai cru que j'avais sué des litres et des litres d'eau jusqu'à ce que je comprenne. Drôle de nuit). Et la pire des anecdotes que je trouve est celle que j'aime appeler:

 

 

Le chien, le livreur et la serrure

 

Avant tout, il faut savoir qu'ici les portes ne s'ouvrent de l'extérieur qu'avec la clé (il n'y a pas de poignée). Donc il était environ 8h du matin, la sonnerie retentissait depuis plusieurs minutes. Je décidais donc de me lever, d'enfiler un T-shirt par-dessus mon caleçon et d'ouvrir la porte. Un livreur énervé était là en me tendait un colis. Le temps que je signe le reçu, Luna, la CHIENNE, avait fermé la porte derrière moi. C'est la que je me rendais compte que j'avais oublié de cacher une clé dans mon caleçon. Je me retrouvais donc en début de matinée et d'hiver, en slip/T-shirt dans la cage d'escalier. Je tentais ma chance en sonnant et frappant la porte de toutes mes forces. Mais apparemment personne n'était là. Je commençais à réfléchir quand mes joyeux colocataires rentraient; Ahmit, environ 17h. Conrad, environ 15h. Sa mère, parfois 13h, parfois tard le soir. La journée s'annonçait longue. J'ai pu croiser quelques voisins qui partaient au boulot (je suis toujours en slip).  Au bout d'un sacré moment (j'estime ce moment à 1h), j'entendais du bruit dans l'appartement. Logiquement, j'ai re-sonné, j'ai refrappé et j'ai hurlé à la porte, mais rien n'y faisait, personne ne répondait. Bref, j'attendais encore. Mais encore une fois, au bout d'un sacré moment, je rentendais des bruits à l'intérieur. Cette fois, je faillis casser la porte en me fracassant la tête dessus et PLOETZLICH, CONRAD (ce sacré feignasse qui ne voulait pas se lever à une heure si matinale) m'ouvrait la porte, surpris de me voir là. En fait il n'était pas seul. Sa copine ainsi qu'Ahmit étaient également dedans. A partir de ce jour, je n'ouvre plus la porte quand on sonne en espérant qu'un de ces deux flémards soit bloqué dehors.


Malgré cette (ces) mésaventure(s) et cochonneries hebdomadaires, je reste dans cet appartement. Beaucoup me demandent pourquoi et je les comprends. Mais je reste là, car j'ai tellement galéré pour le trouver que je ne veux pas que mes premiers jours de stress et de déboire aient été en vain.