Willkommen in Aachen

"Voici de très bonnes nouvelles, l’Université de Aachen est disposée à collaborer avec nous au niveau Erasmus!"

Cette phrase a résonné dans ma tête pendant des mois. J'allais faire un an en Allemagne. On pourrait s'imaginer que ça semble vraiment une bonne nouvelle, mais quand je l'ai lue pour la première fois, je me sentais plutôt comme Kad Merad dans "Bienvenue chez les Ch'tis". Pourtant j'avais envie de partir, mais c'est seulement à ce moment là que je me suis rendu compte de ce qui m'attendait. Trouver un appartement en allemand. Sélectionner les cours que je suivrai en allemand. Faire plein de démarches en allemand. Bref, je pars au NORD! Mais pas le Jura, pas l'Alsace et encore moins le Luxembourg… à Aachen.

Au fil du temps, les préparatifs allaient de l'avant;
- sélectionner les cours, CHECK
- S'inscrire à l'école, CHECK
- …
- …
- Trouver un appartement, hum, quoi?!
En effet, tout allait à merveille, sauf que je n'arrivais pas à trouver d'appartement. Qui voudrait d'un petit Suisse qui ne parle un mot d'allemand dans sa collocation. Après une trentaine de réponses défavorables, la date du départ devenait très proche, soit 1 semaine. Je décide donc de réserver un lit dans une auberge de jeunesse (tu me diras que je n'avais pas vraiment le choix) pour mes 3 premières nuits.
Trois jours avant de partir, la RWTH Aachen (Rheinisch-Westfälische Technische Hochschule Aachen = université technique de Aachen) me contacte pour me dire qu'ils ne m'ont pas trouvé de logement (youpi) et me donne l'adresse de l'INCAS, une association étudiante, qui aide les arrivants étrangers à trouver un logement.
Un jour avant de partir, j'achète mon billet de train, imprime une carte de la ville et dis au revoir à mon chat.

D-Day

31 août 2011, c'est partit je prends le train. Six heures de transport remplies de stress et d'excitation. Malheureusement, cette dernière a vite disparu lorsque les portes du train se sont ouvertes. GO GO GO atteindre l'objectif INCAS. Ma petite carte toute floue que j'avais imprimée la veille ne me sert plus à rien. Les rues partent dans tout les sens, Je ne comprends plus ce que les gens disent et les gens ne comprennent pas mon "franllemand" ou mon "franglais". Je suis perdu.
COUP DE CHANCE, je rencontre des personnes de mon camp, des francophones qui m'aident à atteindre ma cible. Après 2h de marche dans un dédale sans fin, je trouve enfin la sortie, INCAS, où je vois d'autres étudiants dans la même situation que moi. Des Espagnoles, des Finlandais et un Italien. Nous demandons donc de l'aide à cette association qui nous propose plusieurs visites d'appartements pour le lendemain. Après cette "bonne nouvelle", je pars à la quête d'une paillasse et d'une pizza dans ma charmante auberge de jeunesse où apparemment tous les étudiants sans-abris s'y retrouvent et boivent des bières pour se changer les idées d'une longue journée.