BBQ

Entre deux recherches d'appartement et en attendant les réponses des précédentes visites, il fallait que j'occupe mes journées. Car bien que la quête du sacré gîte occupait la majeure partie de mon esprit, j'étais à cours de piste. Je décidais de découvrir la ville en allant regarder les différents endroits. Le centre (encore une fois), l'université, les environs,… Chemin faisant, je retrouvais les deux Finlandais que j'avais déjà aperçus quelques fois les jours précédents. N'étant pas capable de prononcer ou d'orthographier leurs noms, je les ai surnommés Minus & Cortex à cause de leur différence physique semblable aux deux rats de laboratoire du dessin animé (l'un, plus grand exécutant les requêtes du plus petit).Ils m'ont parlé d'un BBQ organisé par l'AEGEE Aachen pour les étudiants ERASMUS afin que l'on puisse se rencontrer autours d'un feu. Après être arrivé sur place et fait connaissance avec presque tout le monde, ma première constatation était qu'il y avait énormément d'Espagnols (environ 30%), suivis par les Français, les Polonais et les Tchèques. Les autres communautés européennes représentent des minorités dans la ville. Quant aux Suisses… et bien nous ne sommes que deux romands. Mais les apparences sont trompeuses, car bien que les Espagnols soient présents à tous les événements et semblent être en supériorité numérique, dans l'ombre se cachent les communautés chinoise et indienne qui représentent bien plus que tous les européens réunis. Malheureusement, celles-ci restent tout le temps isolées des autres. De ce fait, nous ne les voyons jamais.

Bref, pour revenir au BBQ, et bien c'était beaucoup de gens avinés et des un peu plus sobres qui ne parlaient entre eux qu'en anglais ou dans leurs langues natales en mangeant des Burgers et des Wursts.

Le premier point positif est que j'ai pu parler à énormément de nouvelles personnes et créer des liens avec eux. C'est un aspect de mon séjour ERASMUS que je trouve extrêmement important car en Suisse j'avais pour habitude de ne jamais aborder d'inconnus et de rester cloîtrer dans mon cercle d'amis habituel. Je ne sais pas si c'était la peur de se retrouver seul pendant une année complète qui m'a poussé à parler avec autant de monde, mais toujours est-il que j'ai rencontré ce jour-là plus de personnes que durant les cinq années précédentes.

Le second est que durant la soirée, j'ai reçu un appel providentiel. La famille que j'avais visitée la veille m'a appelé pour m'annoncer que j'avais une chambre et que je pouvais emménager le lendemain. A l'heure où j'écris ces lignes, six mois se sont écoulés et je peux vous dire que je suis vraiment chanceux d'avoir trouvé un logement en seulement quatre jours, car beaucoup d'étudiants ont dû dormir à l'hôtel ou encore squatter chez des connaissances pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. J'ai pour exemple un ami italien qui n'a pas eu de chambre jusqu'en janvier, ce qui me fait réaliser une fois de plus de ma chance.