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mardi 21 mai 2013
 
 

Plaisirs administratifs


N'importe qui vous le dira; l'une des principales complications lorsqu'on part en échange est l'administration. Pour sa part, l'administration russe est connue de par le monde pour sa complexité, et ce n'est pas un cliché. Je pense qu'il doit y avoir de sérieux restes de longues années de communisme. Juste pour te donner une idée, on a tous mis à peu près un mois à plein temps, c'est-à-dire en ne faisant rien d'autre, pour liquider toute la paperasse nécessaire.

Apprendre la patience

Le premier jour déjà, quand je me suis rendue aux dortoirs pour disposer de ma chambre, la dame de l'accueil ne voulait pas me donner de logement sous prétexte que je n'avais pas de certificat médical. Mais personne ne m'avait informée qu'il en fallait un. Et de toute façon, ils n'acceptent pas les certificats étrangers. Je voyais donc mal quand est-ce j'aurais trouvé le temps d'aller dans une clinique pour faire le certificat entre l'aéroport et mon arrivée à la maison d'étudiants. Pour finir j'ai eu ma chambre, mais il a fallu attendre et beaucoup insister. Si tu ne te manifestes pas régulièrement, on t'ignore et personne ne s'occupe de ton cas.

Casse-tête russe

Sinon, il y a toujours une liste incroyable de papiers à fournir pour obtenir quelque chose. Par exemple, pour le visa, on a dû faire un test Sida (et oui, parce que les séropositifs ne sont pas les bienvenus en Russie), 3 photocopies de tous les papiers (visa, passeport, carte de migration, enregistrement, assurance), 5 photos pour passeport (dans les bonnes dimensions et en noir et blanc sinon ça ne va pas), un papier qui prouve qu'on est inscrit à l'université, 3 formulaires dont j'ai déjà oublié l'utilité, etc. Une fois que tu as tout, tu dois faire la queue dans un minuscule couloir bondé d'Asiatiques qui attendent eux aussi. Ensuite, c'est la guerre pour être reçu. Il y a une liste où tu inscris ton nom, mais c'est vraiment pour faire joli. Voilà, c'est juste un exemple parmi beaucoup d'autres.

Mais il faut aussi savoir que suivant la personne que tu as en face de toi, les modalités changent. Un jour c'est comme ça, le lendemain c'est autrement ,et personne ne sait pourquoi. C'est magique ! Il faut dire aussi qu'en général ces femmes dans les bureaux (parce que c'est toujours des femmes) sont la plupart du temps de mauvaise humeur et donc très peu sympathiques.

Le cercle vicieux

Quand tu penses que tu as fini, que tu n'as enfin plus besoin de courir les bureaux, de patienter des heures devant des portes, et bien ça recommence. Un simple exemple : le week-end passé je suis allée en Allemagne. Avec mon visa à plusieurs entrées en poche, il me semblait que cela simplifierait les choses. Mais je me rends compte que j'ai fait preuve d'une grande naïveté. D'abord, il faut annoncer sur place que l'on part et signer un petit papier. Ensuite, quand on rentre, il faut aller dans un autre bureau dire que l'on est revenu, donner des photocopies de ton passeport, de ton visa, de ta carte de migration, remplir un formulaire où tu es sûr de faire une faute (cette fois-ci je ne l'ai rempli que quatre fois !). Puis on te donne un bout de papier avec un tampon (très important le tampon) et tu dois revenir une semaine après récupérer ton nouvel enregistrement. Tout ça a bien sûr pris une demi-journée.

Il faut donc s'armer de patience. Au bout d'un moment, on finit par prendre cela avec plus d'humour...

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