Après une année de cours à l’université de Saint-Pétersbourg, il y a toujours des choses qui continuent à m’étonner. Le système d’éducation est réellement différent. Dans les facultés qui touchent aux sciences exactes tout à l’aire de se passer assez bien vu que la Russie est reconnue pour fournir de très bons physiciens. En ce qui concerne le reste, j’ai plus de doutes. Bien sûr je ne peux parler que de la faculté de relations internationales mais il me semble que certaines observations peuvent être étendues à d’autres facultés. Durant cette année, j’ai suivi des cours intéressants et malgré les difficultés linguistiques, j’ai appris des choses intéressantes. Mais il y a certaines choses auxquelles je n’arrive pas à m’habituer.
Certains cours ne sont que de l’appris par cœur. Il n’y a parfois aucune réflexion mais juste des devoirs à remplir bêtement. Les examens se présentent souvent de la même façon, réciter des choses apprises par cœur. Par exemple, ce qu’ils considèrent important c’est de savoir qui a développé une théorie et quand. Mais ils ne confrontent jamais les théories les unes aux autres. Ils apprennent juste des faits. La triche aux examens est courante. J’ai entendu tellement d’exemples… Un ami m’a dit qu’un gars qui n’était jamais venu au cours était venu à l’examen avec son livre et avait tout recopié. Tout ça juste devant le prof et en programme de Master.
J’ai suivi des cours où tout était basé sur des points. Tu viens au cours, tu as un point. Tu fais une présentation, tu as cinq points. Tu participes, tu as tant de point etc.. Pour finir, cela donne une course au point sans que les étudiants ne s’intéressent vraiment au sujet. Les présentations ressemblent toujours à de bêtes exposés d’école secondaire préparé en 30 minutes le soir d’avant et recopier sur Wikipedia.
Au sein de l’université, il n’y a pas d’imprimante ou de photocopieuse. L’Internet est accessible seulement à certains endroits. Souvent les livres recommandés par les profs ne sont pas à la bibliothèque parce qu’ils sont trop chers à acheter. Ils en achètent alors d’autres moins chers et qui sont censé être équivalents.
Alors, je ne dis pas que tous les étudiants qui sortent de cette faculté sont des incapables parce qu’il y en a qui se donnent beaucoup de peine et qui sont réellement intéressés par la matière. Mais cela demande beaucoup d’énergie de leur part parce qu’ils n’ont pas vraiment le système et l’infrastructure qui les aide. Je les admire parce qu’ils se poussent en permanence. Ils essayent réellement d’apprendre quelque chose, de lire, de comprendre et de réfléchir alors que c’est tellement plus facile de juste se contenter de remplir les conditions de base. Il y a bien sûres aussi de bons professeurs mais malheureusement ils ne sont pas en majorité. Peut-être que tout cela est dû au fait que la faculté de relations internationales est nouvelle et qu’elle lui faut encore du temps pour s’établir correctement mais il me semble que certaines choses ne sont pas prêtes de changer. Je pense que les différences dans l’enseignement reflètent aussi les différences de culture. Beaucoup des professeurs de cette université enseignaient déjà à l’époque soviétique. C’est aussi une raison pour laquelle je ne regrette pas d’avoir suivi des cours là-bas. Cela m’a certainement permis de mieux comprendre le fonctionnement de ce pays.